Dessin Delphine Sigoni - Muséum de Rouen
Restitution d'une tête Maorie à son pays d'origine par le Musée d'Histoire naturelle de Rouen. © Muséum d'Histoire naturelle de Rouen
La Maison de l'histoire de France trouve sa place à Paris
Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche que les Archives nationales, situées dans le quartier du Marais à Paris, accueilleraient le siège de son projet de "Maison de l'histoire de France".
Publié le 12/09/2010
Les têtes Maories retrouvent leur pays d'origine
C'est l'épilogue d'une saga. Près d'une vingtaine de têtes maories qui figuraient dans différents musées français vont être remises à la Nouvelle Zélande lundi lors d'une cérémonie de restitution au Musée du quai Branly. Elles seront ensuite inhumées sur place selon les rites de leur tribu d'origine.
Publié le 23/01/2012
Petit retour en arrière, au XIXème siècle. Les tribus maories se trouvent confrontées aux Européens et à leurs armes à feu. C'est l'époque de la découverte de l'Autre, des naturalistes et des cabinets de curiosité. On prend connaissance d'une tradition surprenante, celle des tatouages sur la face qui témoignent de l'importance sociale des maoris, et de leur courage de guerrier. C'est aussi la preuve du caractère sacré de ces têtes, décapitées lors des affrontements entre maoris. "En temps de guerre la coutume maori était de couper les têtes des victimes et de les naturaliser. Celles-ci étaient soit restituées à la famille pour qu'elle puisse les enterrer, soit conservées comme trophées de guerre", raconte Sébastien Minchin, directeur du Muséum de Rouen, fervent militant du retour de ces dépouilles aux peuples privés de leurs ancêtres.
Un nom reste attaché à ce trafic hideux : celui du général Horatio Gordon Robley qui se met à collectionner ces têtes momifiées. "On en trouve aussi dans toute l'Europe où l'on montre ce qui ressemble alors à de terrifiants souvenirs de voyage. Il faut savoir que ce trafic en vogue se faisait en échange d'armes". A l'apogée de cette pratique, certains maoris sont avides de mousquets ; ils tatouent des esclaves comme des guerriers pour ensuite les tuer, les décapiter et les vendre. La peur gagne et la tradition s'éteint. C'est en 1831 seulement que le gouvernement britannique vote une loi interdisant cet horrible négoce.
La mode est passée, "des restes humains de toute origine se sont retrouvés dans les réserves des musées, réserves qui ont parfois des secrets à vous glacer le sang", selon Sébastien Minchin, des corps rapportés d'expéditions lointaines, des morceaux d'humains conservés dans le formole pour leurs particularités exotiques ou monstrueuses.
Mardi, la tête maorie va rejoindre sa terre pour y être enterrée selon les rites des tribus autochtones. Il n'est pas question de les remettre dans un musée. Ce n'est donc pas le débat sur les trésors archéologiques égyptiens dont il s'agit. Aucune recherche historique ou scientifique ne trouverait de solution en conservant ces têtes, c'est une question d'éthique et d'humanité qui a sa réponse maintenant. Depuis 1980, la Nouvelle-Zélande remue ciel et terre pour rapatrier ces têtes, redonner une identité aux morts et réhabiliter la culture maorie. En France, il faut encore des lois d'exception pour chaque cas, comme celui de la Vénus hottentote : elle est retournée en Afrique du Sud après avoir été une attraction de foire et l'objet d'étude de la part de scientifiques en redingote au XIXème siècle. Elle sera inhumée dans sa province natale du Cap le 9 Aout 2002.
Lors de la restitution, personne n'a pu voir la tête, placée dans une boîte couverte d'un tissu, par respect pour l'homme qui n'est plus de ce monde, par égard aussi pour des traditions différentes des nôtres.
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