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Concerts, interventions d'artistes, visites à thème, ateliers pour enfants, installations éphémères ou permanentes : pour sa quatrième édition, la Nuit des musées a multiplié samedi soir des initiatives originales. De quoi attirer des milliers de personnes dans toute l'Europe, puisque l'événement, européen depuis 2005, s'est déroulé dans pas moins de 42 pays. Démarrée en France en 1999, cette initiative a pour but de faire découvrir, ou redécouvrir, gratuitement les musées sous un autre jour : celui de la déambulation nocturne.
"Un moment privilégié"
"Donnez-moi un musée et je le remplirai", a déclaré un jour Pablo Picasso dans un des moments d'humilité qu'on lui connaît. Hier, c'est Christine Albanel qui a relevé le défi en se donnant comme objectif de remplir de visiteurs un millier de musées. La ministre de la Culture a ouvert le bal en début de soirée au Grand Palais à Paris. La verrière du musée, qui abrite en ce moment les sculptures monumentales de Richard Serra, a vibré au son de la musique de Pascal Dusapin. Avec un dispositif sonore inédit, le célèbre compositeur a tenté de restituer à l'écoute ce que Richard Serra offre à la vue. Madame Albanel, visiblement ravie par le spectacle, a déclaré que cette 4e édition était "un moment privilégié pour découvrir les musées", avec "le sentiment qu'on les visite par effraction".
Il suffit d'enjamber la Seine pour se retrouver au coeur des civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. Le musée du quai Branly a ouvert ses portes lui aussi pour l'occasion, permettant aux visiteurs de se perdre dans un imbroglio de masques, de sculptures et de peintures primitifs. Au programme : conteurs et musiciens affublés relatent les grands mythes et les petites fables devant un auditoire transporté. Charles, étudiant en chimie, écoute attentif. "C'est mon premier musée de la soirée et aussi de l'année", avoue-t-il, "mais je suis très content de découvrir tous ces objets et ces masques. C'est une très bonne façon de faire vivre la culture et je le referai l'année prochaine". Françoise, habituée des musées depuis qu'elle est à la retraite, se réjouit de voir autant de jeunes ce soir : "je trouve ça très bien cette manifestation, ça incite le public à la curiosité et c'est réconfortant de voir la jeunesse dans les musées, d'autant plus qu'elle vient de son plein gré !".
1,5 million de visiteurs
A quelles encablures de là, les jardins du musée Rodin grouillent de petites lumières. Jeunes gens, enfants, familles et amoureux se faufilent nantis de leur lampe frontale dans les allées et découvrent les sculptures endormies du maître français. Le Penseur, éclairé pour l'occasion, projette son ombre solennelle sur la façade de l'ancienne chapelle, tandis que l'Hôtel Biron, qui abrite la collection permanente, trône tranquille sur la pelouse. Mais ce qui frappe le plus, est cette étrange musique qui charme l'oreille du visiteur et l'attire au fond du jardin. Placé entre L'Ombre et le Génie du repos éternel, un grand écran tranche singulièrement avec l'aura antique des lieux. Les regards s'arrêtent interloqués devant ce tableau électronique qui figure un drôle de flûtiste, nu de la tête aux pieds. Sculpture oblige !
Un peu avant une heure du matin, les visiteurs sont reconduits à la sortie des musées. Cette année, l'opération a accueilli près 1 ,5 millions de personnes. Pour la prochaine édition, on espère que la fête sera aussi réussie et que cette fois, elle se prolonge un peu plus tard dans la nuit...
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