Mort d'un grand nom du théâtre, Roger Planchon

le 13 mai 2009 à 07h08 , mis à jour le 13 mai 2009 à 21h28

"Le théâtre, c'était sa vie, il est parti en travaillant", a raconté son fils, en annonçant la mort de celui qui fut l'un des metteurs en scène les plus importants depuis Jean Vilar.

[Expiré] Roger Planchon (2e à gauche) en compagnie des acteurs de "Louis, Enfant Roi" (16 mai 1993) © J. Schults / Reuters

Grande figure du théâtre contemporain, Roger Planchon a succombé mardi à Paris, à l'âge de 77 ans, d'une crise cardiaque. "Fatigué depuis quelques jours", selon son fils Stéphane Planchon, il est mort chez lui, après avoir "travaillé jusqu'à la dernière minute en se battant pour continuer à faire du théâtre", qui était "sa passion, sa vie". Pour l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui, le premier, lui a rendu hommage, "Roger Planchon est un grand maître, l'homme qui a interprété le répertoire, qui a inventé une dramaturgie nouvelle (...) C'est aussi l'homme qui a été, avec quelques autres, l'homme du service public du théâtre". Christine Albanel, l'actuelle ministre de la Culture, a  évoqué "une figure fondatrice de notre vie culturelle". François Fillon a salué  pour sa part la mémoire d'un "magicien de l'art dramatique" qui "considérait le théâtre comme un lieu de mission".

Plus d'infos

Né le 12 septembre 1931 à Saint-Chamond, dans la Loire, c'est à 17 ans que Roger Planchon, sous l'influence des Jésuites, découvre le théâtre. Il forme sa propre troupe et remporte en 1950 un concours de théâtre amateur. Il joue Shakespeare et Courteline, Ionesco et Molière, s'installe en 1952 au théâtre de la Comédie, à Lyon, avant de diriger le théâtre de la Cité de Villeurbanne. Outre les grands classiques, il affronte des auteurs plus contemporains. Dans tous les répertoires, celui qui se dit "metteur en scène et cowboy" revisite les grandes oeuvres dont il offre une lecture plus actuelle, plus moderne, pour rapprocher les auteurs de leur public, comme le faisait déjà Jean Vilar au TNP à Paris.

De la scène à la plume

A 33 ans, il se met à écrire, avec une première pièce, La Remise, pétrie de son Ardèche dont il dira un jour : "Et tout se passe comme si l'invisible portait à bout de bras ce réel si compact, si lourd et pourtant si peu consistant...". Il continue dans l'écriture avec L'Infâme, inspiré par le crime du curé d'Uruffe, Le Cochon noir, Patte blanche, La Contestation, Gilles de Rais, Les Libertins, Le radeau de la Méduse... En même temps, il poursuit sans relâche l'aventure théâtrale. Il donne un nouveau souffle aux Trois Mousquetaires, qu'il parodie presque. On lui doit des mises en scène de référence de Molière (notamment Tartuffe) ou de Shakespeare.

"Le pouvoir aux créateurs !", c'est le mot d'ordre lancé en 1968 lors des Etats généraux de Villeurbanne, au nom de la démocratisation de l'art. Le théâtre de la Cité devient Théâtre national populaire (TNP), un label qui signe la reconnaissance et ouvre aux subventions. Refusant la direction du Théâtre de la Ville à Paris et celle de la Comédie-Française, Roger Planchon reste au TNP de Villeurbanne, dont il ne quittera la direction qu'en 2002, pour créer sa propre compagnie. Jusqu'à ces dernières semaines, Roger Planchon jouait au théâtre Silvia Monfort une pièce de Ionesco, Amédée ou comment s'en débarrasser, aux côtés de son épouse, Colette Dompietrini. Du même auteur, il avait déjà monté Voyage chez les morts, avec Jean Carmet. Il préparait un spectacle sur Sade. Il y a trois ans, il avait publié ses mémoires sous le titre très évocateur d'Apprentissages.

D'après agence

le 13 mai 2009 à 07:08
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