Huitième édition de la "Nuit blanche" à Paris © TF1/LCICréateur de la manifestation, Christophe Girard, adjoint à la Culture à la mairie de Paris, souhaitait que la Nuit blanche soit pour les noctambules "un éphémère qui laisse des souvenirs durables". Pour cette huitième édition, environ 1,5 million de visiteurs du soir ont répondu à l'appel, soit un peu plus que les années précédentes, prouvant que le succès est toujours au rendez-vous. Des files d'attente très importantes se sont constituées tôt dans la soirée de samedi devant le jardin du Luxembourg et le Parc des Buttes-Chaumont, deux pôles de cette nuit dédiée à l'art contemporain. Les lignes 11 et 14 du métro ont fonctionné toute la nuit, afin de permettre aux visiteurs de se rendre dans les quartiers concernés. Spectacle garanti pour les grands et les petits, même si les oeuvres exposées ont parfois été peu comprises (voir la vidéo ci-dessous).
Pour cette édition à dimension "métropolitaine" à laquelle participaient notamment Aubervilliers, Clichy-la-Garenne et Saint-Denis, la mairie de Paris avait donné carte blanche à Alexia Fabre, conservateur en chef du MAC/VAL (musée d'art contemporain du Val de Marne), et Frank Lamy, chargé des expositions temporaires. L'an dernier, Nuit blanche avait investi les gares parisiennes. Cette année, elle s'est installée notamment dans des lieux de spiritualité et de savoir - de Notre Dame à la Grande Mosquée et l'Ecole Normale supérieure - créant des échos entre patrimoine et art contemporain. Les oeuvres de 30 artistes contemporains et une soixantaine de projets associés s'offraient aux passants.
"Il faut oser l'éclectisme"
"On peut tout oser au service de la beauté. Il faut oser l'éclectisme, les formes d'expression les plus diverses" a commenté le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en contemplant "la maîtresse de la tour Eiffel", boule à facettes de 7,4 mètres de diamètre suspendue au-dessus du bassin du Luxembourg. Dans l'église Saint-Eustache, un écran placé au-dessus de l'autel diffusait l'oeuvre vidéo Threshold of the Kingdom du Britannique Mark Wallinger, qui montre des passagers dans le hall d'arrivée d'un aéroport. En fond sonore, le solennel Miserere d'Allegri, un des psaumes de la pénitence, faisant naître l'idée d'une porte de l'au-delà ou d'une apparition divine. Sur la façade de l'Hôtel de Ville, la vidéo The Needle Woman in Paris de la Coréenne Kimsooja alliait également images du monde contemporain et réflexions universelles sur la solitude. Dans la cour de l'Ecole Normale Supérieure, un public hésitant entre perplexité et sourires charmés a pu écouter une performance sonore composée de multiples chants d'oiseaux.
Poétique avec les parapluies rouges et les disques d'or de l'artiste Noël Dolla figurant champs de coquelicots et tournesols, le parc des Buttes Chaumont avait pris pour sa part une teinte surréaliste sous l'influence du Norvégien Rune Guneriussen, qui y avait installé un parterre de lampes de bureau. Place Stalingrad, près d'un terrain de football fortement accidenté conçu par une artiste du Costa Rica, des médiateurs sportifs aidaient à organiser des matchs de football atypiques, par équipes de cinq joueurs. Autour de l'Ile Saint-Louis et sur le pont Louis-Philippe, d'immenses yeux de femmes photographiés par l'artiste JR captaient le regard des passants. Une exposition complétée par deux installations vidéo, que le public pouvait regarder assis par terre, dans une cabane provenant d'une favela de Rio.
Au cours de cette nuit, un rayon laser vert partant du toit de l'Observatoire de Paris en direction de Montmartre a symbolisé le méridien de Paris sur environ 5,5 km dans le ciel de la capitale. Bien visible depuis le toit de l'Observatoire, où l'auteur-compositeur Jean Michel Jarre a participé au déclenchement du tir vers 21 heures, le faisceau laser illuminait à l'arrivée le château d'eau de la célèbre Butte.
D'après agence
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