Le voyage initiatique de Wajdi Mouawad

Par Sylviane MOUKHEIBER, le 04 février 2010 à 18h08 , mis à jour le 09 février 2010 à 16h01

Chronique - Après Le festival d'Avignon, "Littoral" la pièce du Libano-Québécois Wajdi Mouawad sur la scène à Malakoff.

Des tirades qui vous laissent subjugué, une langue puissante pleine de fureur et de finesse, le théâtre du Libano-Québécois Wajdi Mouawad est un voyage au long cours, épique, mythologique, ou l'universel touche au plus intime. Crée il y a quinze ans, Littoral, premier opus d'un quatuor au titre éloquent Le Sang des promesses, s'est joué au Palais des Papes l'été 2009 au Festival d'Avignon. Une nuit entière consacrée à l'œuvre de l'auteur,  invité comme "artiste associé".

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Dans cette reprise, Mouawad signe lui-même la mise en scène. Il se pose une série de questions : "Comment faire pour ne pas trahir celui que j'étais il y a quinze ans ?Comment ne pas figer celui que je suis devenu par trop d'angoisse ? Comment rester vivant avec ce qui est mort en nous ?" Chaque spectateur trouvera peut-être les réponses qu'il était venu chercher, en s'embarquant dans ce voyage initiatique, où un fils se donne pour mission de ramener vers sa terre d'origine le corps de son père mort en exil et lui donner une tombe décente.

L'homme est au coeur
 
La guerre va surgir sur sa route. Il va croiser des personnages aux destins brisés, en quête de réponses aux souffrances infligées. Sans la nommer, la guerre du Liban est la toile de fond sur laquelle se jouent ses drames. Est-il nécessaire de l'identifier ? Peut-être pas. Ici, le questionnement est universel, c'est l'homme qui est au cœur, un homme qui cherche un sens à sa place dans le monde.
 
Pour Wajdi Mouawad il n'y a pas de paix si l'on n'a pas renoué le fil avec son histoire familiale. Les mots, la parole enfouie peuvent aider à recomposer le puzzle. Et quelle parole ! L'écriture est dense, charpentée. Les mots se déversent avec la puissance d'un torrent de montagne. Le sujet est grave, mais on rit aussi. Wilfrid, le fils, joué par Emmanuel Schwartz, silhouette efflanquée et maladroite, donne le contrepoint léger et quelquefois cocasse à cette épopée, où se mêlent réel et imaginaire, comme ce personnage inventé, sorti tout droit des ses rêves d'enfant, le chevalier de Guiromelan (Jean Alibert) qui va l'accompagner jusqu'à la fin du voyage

Malakoff
Théâtre 71
du 20 Janvier au 21 Février 2010

Par Sylviane MOUKHEIBER le 04 février 2010 à 18:08
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