En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

"Races" avec Yvan Attal

Edité par
le 23 février 2012 à 10h46 , mis à jour le 23 février 2012 à 11h21.
Temps de lecture
4min
Yvan Attal dans la pièce Race de David Mammet

Yvan Attal dans la pièce Race de David Mammet / Crédits : J.-P. Lozouet

À lire aussi
SpectaclesAu travers de cette pièce percutante, portée par des dialogues fulgurants, sur les préjugés raciaux, les contradictions et les mensonges qu'ils génèrent, David Mamet pose un regard incisif sur certaines hypocrisies sociales.

Un cabinet reconnu, deux avocats, associés, l'un blanc, Jack Lawson, l'autre noir, Henry Brown, une stagiaire, noire, jeune femme brillante et directe, engagée par Jack Lawson contre l'avis de son partenaire. Un homme sollicite leur aide, un blanc, accusé de tentative de viol sur une noire. Une affaire délicate, liée à d'écrasants préjugés qu'il est difficile de contourner, de dépasser.

Brown et Lawson hésitent, cette affaire pourrait les écraser, leur porter préjudice, Susan les observe, dubitative. Cet homme est-il coupable, est-il innocent, est-il victime d'une manipulation, s'en est-il pris à cette femme parce-ce qu'elle est noire, est-il raciste, attirée par la sensualité des noires, un fantasme se saupoudrant soudainement d'une note raciale aux yeux des noirs ayant à le subir...

Rancœurs, secrets,  mensonges, faux semblants, hypocrisies, peurs, des sentiments qui se propulsent ici les uns contre les autres et éclatent. Une animosité culturelle, latente surgit derrière chaque réplique et les réactions des personnages s'entrechoquent, se transforment en une lutte raciale faite de dominations,  de manipulations, de renonciations, une lutte qui dépasse les frontières plantées par la loi.

exergue"Tout repose sur des mensonges. Lorsque le mensonge est avéré, la pièce est finie"
David Mamet

En se centrant sur l'intrigue, il se révèle difficile de ne pas penser à une affaire qui nous a tous saisis, l'affaire DSK.  Une évidence qu'il faut immédiatement débouter : la pièce a, pour commencer, été écrite en 2009 et son seul point commun avec l'affaire DSK reste le fait divers sur lequel s'appuie l'auteur pour dénoncer certains préjugés qui rongent la société. Les personnages s'enferment ici dans leurs  certitudes avec violence et David Mamet en souligne les contradictions de manière tranchante, sans détours.

Les dialogues ciselés, dynamiques et directs apportent à cette pièce une puissance acérée, aucun temps mort, les protagonistes s'accusent et s'assassinent de manière mordante. Des dialogues qui prennent ici d'autant plus de puissance qu'ils rebondissent sur les parois d'un décor d'une grande simplicité, aucune fioriture, un bureau, classique et sobre, peu de mouvements, juste des échanges verbaux qui fusent.

Si Sara Martins, Alex Descas et Thibault de Montalembert défendent avec intelligence leur personnage, Yvan Attal s'impose avec une incroyable justesse, nous surprend. Redoutable, piquant, il lance ses répliques avec une grande efficacité, un naturel énergique et habite avec une indéniable puissance cette scène qu'il foule pour la première fois.

Race

Une pièce de David Mamet
Mise en scène de Pierre Laville, assisté d'Antoine Courtray
Avec Yvan Attal, Alex Descas, Sara Martins et Thibault de Montalembert.
 
Comédie des Champs-Elysées
15 avenue Montaigne 75008 Paris
Métro : Alma Marceau
 
Du mardi au samedi à 20h30, le samedi et dimanche à 16h.

Location : 01 53 23 99 19

Commenter cet article

  • titicile : Yvan Attal ...un super acteur que j'apprécie tout particulièrement !!

    Le 27/02/2012 à 00h52
      Nous suivre :
      Un cargo de l'espace pour ravitailler l'ISS

      Un cargo de l'espace pour ravitailler l'ISS

      logAudience