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Déni de grossesse : du sursis requis pour une jeune femme

Alexandra Guillet par
le 16 décembre 2009 à 11h08
Temps de lecture
3min
Le boom des bébés

Le nombre de naissance s'est élevé à 828.400 en 2008. Une hausse de plus de 1% qui place la France à la première place du nombre de naissances en Europe. / Crédits : TF1/LCI

JusticeL'avocat général des assises de Strasbourg a requis 2 ans avec sursis à l'encontre de Valérie Goeller, qui invoque le déni de grossesse pour expliquer la mort de son bébé en 2005.

Théoriquement elle encourt jusqu'à 30 ans de prison. L'avocat général n'a toutefois requis mercredi qu'une peine minimale de deux ans de prison avec sursis à l'encontre de Valérie Goeller, 24 ans, qui invoque un déni de grossesse pour expliquer le décès dans des circonstances dramatiques de son nouveau-né en mai 2005. "Il me semble évident qu'elle ne doit pas aller en prison. Elle n'est pas une criminelle au sens générique du terme", a estimé l'avocat général Jean-François Assal qui a assorti ses réquisitions de 3 ans de mise à l'épreuve et d'une obligation de soins.

Rejetant pourtant la thèse du déni de grossesse, il a néanmoins jugé que la responsabilité de l'accusée était "atténuée": "c'est une victime, elle est dans une forte détresse et a besoin d'une psychothérapie". Elle n'a pas dénié sa grossesse mais l'a "oblitéré" par un "mécanisme de défense et de refoulement qui a pour but de maquiller la réalité", a encore soutenu l'avocat général.

Un accouchement "médiéval"

Le bébé est "né viable et vivant" lors d'un "accouchement médiéval", a-t-il  toutefois jugé, estimant que sa mère, jugée pour privations de soins ayant entraîné la mort, avait connaissance de sa grossesse et avait "l'intention de le priver de soins".
Elle "pouvait appeler les secours, l'hôpital... mais ne l'a pas fait",  a-t-il regretté. Le corps de nourrisson a été lavé et le cordon ombilical coupé avec des  ciseaux et clampé avec une pince à linge, deux objets que Valérie avait dans son véhicule, a-t-il souligné. Le cordon a été coupé "dans les règles de l'art", car l'accusée,  préparatrice en pharmacie et titulaire d'un baccalauréat Sciences Médico-sociales, avait vu ce geste "lors de stages", affirme M. Assal.

Valérie Goeller avait accouché le 8 mai 2005 dans sa voiture en pleine forêt de Haguenau avant d'abandonner l'enfant mort dans un village. Elle a toujours soutenu qu'elle ignorait être enceinte, invoquant la notion de déni de grossesse sur laquelle les experts sont apparus divisés mardi. Mère depuis mai dernier d'une fille qu'elle a eue avec le père du bébé décédé, elle comparaît libre sous contrôle judiciaire. Le verdict est attendu en fin d'après-midi.

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