En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES
DOSSIER : Développement durable

D'économe, je suis devenue écolo

Edité par
le 28 octobre 2011 à 15h00 , mis à jour le 31 octobre 2011 à 01h20.
Temps de lecture
4min
Karyne prépare des poivrons bios dans la cuisine d'Alain Berne, chef drômois locavore et utilisateur de produits biologiques.

Karyne prépare des poivrons bios dans la cuisine d'Alain Berne, chef drômois locavore et utilisateur de produits biologiques. / Crédits : Marissa Rachel

À lire aussi
Dossier Développement durableBloquée par un budget serré, une jeune drômoise a décidé de bousculer son mode de consommation. En l'espace d'une année, son besoin de faire des économies l'a conduite à l'écologie.

Picto Revolution Verte développement durable 400 euros pour vivre à trois par mois, toutes factures déduites. Lorsque Karyne fait ce constat l'an dernier, alors qu'elle vient de perdre son emploi et envisage une reconversion professionnelle, elle décide de remettre l'ensemble de ses dépenses à plat.

Le premier poste à être remis en cause est son budget alimentaire. "Je me suis demandée (s'il) était justifié parce que je ne regardais pas les prix, ni la quantité ou la provenance. Je faisais mes courses en mode pilotage automatique selon une liste préétablie depuis longtemps". Avec à chaque fois cette interrogation une fois à la caisse : "Mais qu'est-ce que j'ai bien pu acheter pour avoir une note pareille ?"
 
Panier en osier contre chariot du supermarché
 
Karyne commence ainsi à faire son petit marché, d'abord pour comparer les prix et produits avec ceux des grandes surfaces, puis par plaisir "du contact direct avec le producteur". Avec les avantages que cela comporte. "Depuis qu'il m'a identifiée comme cliente régulière, mon maraîcher me fait parfois des petites ristournes mais surtout il me conseille sur les bons produits de saison et m'oriente pour trouver des produits frais de qualité", affirme la jeune femme qui habite dans la Drôme. Oeufs, beurre, laitages, viandes, fruits et légumes : Karyne lâche le chariot au profit du panier pour s'approvisionner chez les producteurs locaux. Ses courses se transforment en petites balades dans la campagne drômoise.

Ce qui lui fait franchir un nouveau cap : "J'ai réalisé qu'il existait une alternative à la grande distribution pour l'alimentaire alors j'ai voulu pousser la logique plus loin." Sa cible suivante, les produits d'entretiens. La fibre manuelle, la trentenaire potasse Raffa le grand ménage, un blog truffé de recettes pour confectionner soi-même ses détergents écologiques et passe à l'action. Lancée sur le sujet, Karyne devient intarissable sur les multiples vertus du vinaigre blanc, des paillettes de savon de Marseille, du savon noir et autres huiles essentielles.

Elixirs de beauté fait maison

Définitivement convaincue par le naturel et le fait maison, elle s'attaque à ses produits de beauté. Son labo ? Sa cuisine, "bien récurée au préalable", et une petite mallette remplie de fioles, d'huiles et autres d'onguents commandés sur Internet. Après une quarantaine de minutes de préparation, Karyne obtient une crème de jour, un baume à lèvres, des masques et des gommages. En un an son budget beauté est ainsi passé d'environ 500 à 120 euros. Idem sur les autres postes de dépenses. La révolution ménagère de Karyne génère entre 300 et 400 euros d'économies par mois.

Un seul bémol : ces habitudes de consommation requièrent toutefois un certain investissement en temps. Karyne relativise vite cette contrainte : "Pour la partie alimentaire, il existe de plus en plus de solutions, Amap, coopérative d'agriculteurs bio... Pour le reste, comme la préparation des produits, c'est juste une volonté de se dégager du temps". Et admet qu'elle-même est parfois moins motivée pour se coller à la fabrication de ses elixirs de beauté depuis qu'elle a réalisé son rêve professionnel.

Karyne est devenue depuis cuisinier du terroir (http://www.afrat.com/cuisinier-formation-stage-hygiene-16.html). En l'espace de quelques mois, elle a appris à faire saliver les papilles tout en privilégiant les produits frais locaux et donc les circuits courts d'approvisionnement. Une mutation professionnelle qui sonne comme le point d'orgue de sa conversion à la démarche locavore (ndlr : consommer des produits fabriqués au plus de chez soi) et écologique. Au bout du compte, "confortée dans (ses) positions", le changement n'est plus seulement financier mais quasi idéologique. "J'apprécie ce retour au bon sens, aux recettes de grand-mère, à un autre rapport aux autres, le tout en apportant ma pierre à la préservation de la planète", argumente la jeune femme. Avant de conclure dans un grand sourire : "Même avec plus d'argent, pour rien au monde je ne reviendrais en arrière".
 
 

Commenter cet article

      Nous suivre :
      Des clichés officiels pour le premier anniversaire de Baby George

      Des clichés officiels pour le premier anniversaire de Baby George

      logAudience