Les activistes tendance chlorophylle à l'assaut de Paris

Par Paulina BENAVENTE, le 28 octobre 2011 à 15h00 , mis à jour le 17 novembre 2011 à 12h15

Dossier : Développement durable

Tags en mousse, semis en ville, telles sont les missions des "guerilla gardeners". Lancé en 2004 par l'anglais Richard Reynolds, le mouvement de la Guerilla Gardening s'est étendu hors d'Angleterre. A Paris, une poignée de ces guerilleros s'active pour reverdir la capitale.

Exemple de plantation sauvage en Grande-Bretagne par des membres de la guerilla gardening. Exemple de plantation sauvage en Grande-Bretagne par des membres de la guerilla gardening. © Richard Reynolds

Picto Revolution Verte développement durable Succès limité pour "l'International Tulip Guerilla" parisien le 9 octobre. En ce dimanche maussade, seuls trois irréductibles guerilla gardeners ont fait le déplacement. Pelles et pioches en main, ils entreprennent de retourner la terre d'une petite parcelle devant un immeuble du 20ème arrondissement. Les réactions des riverains ne se font pas attendre. Une habitante de l'immeuble les félicite de leur initiative. Un autre, plus remonté, exprime son mécontentement: "C'était dégoutant ce que vous aviez fait la dernière fois, il a fallu qu'on paye un jardinier pour tout arracher". Léonard NGuyen Van Thé, étudiant et activiste de la guerilla tente de parlementer. L'homme se calme finalement, les guerilleros peuvent reprendre leur lutte, à coup de chlorophylle. 

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Une guerilla anglaise organisée

Richard Reynolds, un jeune anglais diplomé en horticulture a relancé le mouvement du guerilla gardening en 2004. Il s'est inspiré des actions de Liz Christy, précurseure de la guerilla dans les années 70 aux Etats-Unis. Le concept est simple: réinvestir les espaces urbains laissés à l'abandon en plantant des végétaux. "Au début je plantais de mon côté et je montrais ma progression sur mon site internet, aujourd'hui il y a plus de 6000 inscrits sur le site", explique Richard Reynolds. La guerilla anglaise est organisée. Site internet soigné, compte Twitter régulièrement alimenté, les activistes jardiniers anglais se veulent communicants pour toucher le plus de monde.

"Bomb seeds" et parapluie semeur

Le livre de Richard Reynolds "On guerilla gardening" est disponible en trois langues, et les jardiniers peuvent acquérir des coussins parfumés à la lavande ou autre coupe-vents fabriqués en matériau recyclé. Au printemps dernier, le mouvement s'est même associé au magasin de prêt-à-porter londonien Selfridge's, pour proposer des produits inspirés par la guerilla gardening. Les fashionistas d'Oxford Street ont ainsi pu découvrir les "bomb seeds" (littéralement bombes de graines, mélange de graines et de terre séchées et donc facilement transportable pour pouvoir être semées n'importe où) ou bien le parapluie qui projette des graines de tournesol.
 
Autant de gadgets qui ne séduisent pas les guerilleros français. Le mouvement est arrivé dans l'Hexagone il y a trois ans. C'est une bande de copains qui décide de lancer l'idée. "On avait entendu parler de la guerilla anglaise, explique Léonard NGuyen Van Thé, un des fondateurs de la guerilla gardening en France, mais on a décidé de la faire à notre manière, c'est-à-dire de façon moins commerciale qu'en Angleterre."

"Provoquer des réactions"

Richard Reynolds guerilla gardening activistes verts
A gauche, Richard Reynolds, le responsable de mouvement guerilla gardening pour l'Angleterre. A droite, une opération de plantation sauvage par la branche française © Crédit Photo : Richard Reynolds
 
Si les guerillas anglaise et française ont une base commune, les petits frenchies se veulent moins capitalistes. "Nous voulons donner aux gens un autre regard sur la ville, recréer un espace de vie dans la rue, aller semer en groupe pour provoquer des réactions, des discussions, même si on ne récolte rien après." Et s'ils ne se rassemblent pas en association, c'est par choix. "Nous voulons éviter de dépendre des subventions, et nous tenons à notre mode de fonctionnement horizontal, souligne Léonard, chacun peut proposer des idées, nous préférons l'autogestion."
 
Un mode de fonctionnement que Richard Reynolds juge "naïf": "Je pense que leur vision des choses est fausse, mais ils sont jeunes. Mon but est de faire de la guerilla gardening une action courante et populaire, eux ils veulent que la guerilla reste alternative." En attendant, les guerilla gardeners français vont tenter de convaincre un public plus large. De novembre à janvier, les activistes verts animeront des ateliers au Centre Pompidou dans le cadre de l'exposition Green Attitude.

Par Paulina BENAVENTE le 28 octobre 2011 à 15:00
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4 Commentaires

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  • rose-marie54, le 17/11/2011 à 16h20

    Bravo a ces verts,des vrais

  • sn0k.ch, le 17/11/2011 à 14h19

    Flower Power !

  • fleurdevanille2, le 17/11/2011 à 14h03

    Je trouve cela formidable, alors qu'on lance des graines de fleurs partout.

  • untitideparis, le 17/11/2011 à 12h48

    Reverdir la capitale avec tous les trous et bouchons organisés sciemment par la mairie

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