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DOSSIER : Développement durable

Vache bio, le naturel, ça se travaille

Edité par
le 28 octobre 2011 à 15h00 , mis à jour le 31 octobre 2011 à 01h20.
Temps de lecture
4min
vache dessin bio agriculture élevage boeuf veau

Crédits : DR

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Dossier Développement durableUne vache bio, est-ce une vache qui ne mange que de l'herbe bio ? Qui ne prend jamais d'antibios ? TF1 News a interrogé Eric Rochas, agriculteur bio depuis plus de 10 ans dans sa Ferme des Colibris, à Méaudre en Isère.

Picto Revolution Verte développement durable TF1 News : Quels sont les critères exigés pour qu'une vache soit agréée bio ?

Eric Rochas, éleveur et agriculteur bio : A l'échelle d'une exploitation agricole, c'est une combinaison entre le sol, l'animal, l'éleveur et  l'environnement. Le tout doit respecter le cahier des charges européen de l'agriculture biologique qui interdit notamment tous les produits chimiques et de synthèse. Quand on a enlevé ça, tout ce qui naturel est autorisé.

D'abord, le sol où pâturent les animaux doit être certifié bio. On peut utiliser par exemple les fumiers de l'exploitation, des composts, comme fertilisants. Tout ceci est permis. Et suivant l'endroit où l'on réside on peut faire pousser n'importe quelle culture. Ici, en haute montagne, on ne peut faire pousser que de l'herbe. On la fait pâturer durant l'été et on la stocke pour l'hiver pour faire le fourrage. Comme nous n'avons pas de maïs et très peu de céréales, nous sommes obligés d'en acheter dans des coopératives, des organismes de stockage ou chez les éleveurs agréés bio.

La partie animale est relativement simple : pour qu'une vache produise bien, il lui faut une bonne alimentation en hiver, et l'été, de beaux pâturages. Mais il faut savoir que les activateurs de croissance sont interdits, donc les performances animales sont beaucoup moins importantes qu'en élevage conventionnel. En revanche, la qualité de la viande est meilleure.

L'environnement de l'animal est aussi important. Il est régulé par des normes biologiques beaucoup plus contraignantes que les normes traditionnelles. Dans une zone de montagne comme la nôtre, nous devons avoir des bâtiments adaptés à la neige et suffisamment spacieux pour que les vaches soient bien au propre et puissent ruminer tranquillement à l'abri l'hiver. Pour cela, il faut compter environ 14m2 par vache.

Cela fait partie de la méthodologie et de la philosophie de l'agriculture bio. C'est une approche qui consiste à dire qu'une vache bio, c'est une vache heureuse, son éleveur aussi et que le consommateur le sera également parce qu'il va consommer des aliments non infestés par des polluants. 

TF1 News : Si une vache est malade comment la soignez-vous ?

Eric Rochas : Le but du jeu, c'est qu'elle ne soit pas malade donc il faut beaucoup d'anticipation sur le bien-être animal notamment avec une bonne alimentation. Nous effectuons aussi beaucoup de prévention en phytothérapie (ndlr : préparations à base de plantes) pour que les animaux soient en bonne santé.

Mais si une vache est malade, on travaille en homéopathie et en huiles essentielles. Ce qui est interdit, c'est le recours systématique à l'antibiotique. Par contre, si on n'arrive pas à soigner un animal, qu'on ne trouve pas le bon remède, alors là, on a le droit d'utiliser un antibiotique. Si un animal reçoit deux traitements antibiotiques dans l'année, alors nous perdons son agrément.

Mais nous n'arrivons jamais à cette situation car un animal tombe rarement malade. Si ça lui arrive une fois l'an, ça ne se reproduira pas. Sinon, la bête a un réel problème. En ce sens, l'agriculture biologique est plus technique car il faut être très précis : l'homéopathie ne traite qu'une cause, là où l'antibiotique couvre un spectre de 10 ou 15 maladies différentes.
 
TF1 News : Ça coûte cher d'élever des vaches bio ?

Eric Rochas : Tout dépend de l'échelle de l'exploitation. Mais il est vrai que les éleveurs bio ont des coûts de production bien plus importants que les éleveurs conventionnels, au moins de plus de 20%. Mais il est très difficile d'avancer un chiffre exact car beaucoup de critères entrent en jeu comme la localisation géographique ou les cours des matières premières. Un exemple, avec les céréales, dont les prix flambent partout : le maïs bio est à 460 euros/la tonne contre 280-300 euros pour le conventionnel. Donc si l'on multiplie par le nombre de tonnes à l'année, c'est énorme. Sans compter la phytothérapie. Les huiles essentielles sont des produits très chers d'autant plus qu'ils sont achetés en petite quantité. Il y a aussi les bâtiments, plus vous avez de la surface, plus c'est cher, il faut mettre de la paillasse en plus ; ça grimpe vite. Globalement, l'agriculture biologique n'est pas assez démocratisée pour arriver à faire baisser les coûts.

En revanche, proportionnellement au coût de production, la viande bio coûte moins cher au consommateur que la conventionnelle. Après tout dépend où on l'achète. Si vous allez dans certains magasins spécialisés, où il y a plusieurs intermédiaires, là, c'est hors de prix. Mais aujourd'hui on peut trouver de la viande bio de très bonne qualité et à des prix tout à fait raisonnables. Nous, nous vendons directement à la ferme et nos prix restent corrects. Notre philosophie sur l'exploitation, c'est d'arriver à trouver l'équilibre entre les différentes variables. Il y a aussi un aspect social. C'est important d'arriver à alimenter tout le monde de façon propre et à des prix raisonnables.
 
 

Commenter cet article

  • suzolle : Oui c'est la santé mais la question est : nous fournit on réellement des produits bio ? moi je n'y crois pas du tout

    Le 07/12/2011 à 15h45
  • fred76910 : Les choses avancent doucement mais surement. Même les agriculteurs dits 'conventionnels' commencent à avoir une conscience écologique et se raisonne dans l'emploi de produit phytosanitaires, d'antibiotiques et autres engrais chimiques. Reste à savoir si tout ceci n'est pas trop tard maintenant....

    Le 25/11/2011 à 18h21
  • rose-marie54 : Bravo, le bio c'est la santé

    Le 25/11/2011 à 14h31
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