L’A3XX fait le plein de commandes

Par , le 30 novembre 2000 à 00h00

Et de 44 commandes pour l’A3XX, le futur paquebot des airs qui pourra transporter jusqu’à 500 passagers, sur trois étages; Airbus, le constructeur, fixe à 50 le seuil de commandes fermes pour lancer la construction de cet avion.

L'A3XX fait le plein de commandes © INTERNE

L'A3XX remplit son carnet de commandes et se paie même le luxe de voler des clients à son concurrent américain Boeing. Le futur avion géant d'Airbus A3XX vient de signer un nouveau gros contrat d'achat mercredi avec la compagnie australienne Qantas, cliente traditionnelle de Boeing. Dans le sillage de Singapore Airlines (SIA) fin septembre qui avait signé pour dix commandes fermes d'A3XX, Qantas a décidé d'en conclure douze, assorties d'options dont le nombre reste confidentiel. "Sur l'Asie, ça va être un petit choc. Qantas est une société avec un prestige énorme, qui n'était pas une cliente d'Airbus. Et avec Singapore Airlines, nous avons eu dans le passé des relations commerciales pas toujours faciles. En choisissant l'A3XX, ces deux compagnies vont donner le La", s'est félicité un responsable d'Airbus à Toulouse. Le contrat de Qantas porte à 44 le nombre de commandes fermes (sans les options) recensées à ce jour pour le très gros porteur, le plus grand avion jamais conçu dans l'histoire de l'aviation civile.

C'est plutôt de bon augure pour le lancement industriel, c'est-à-dire la mise en production de l'appareil programmé pour le début 2001, comme l'a suggéré -encore très prudemment- le gérant d'Airbus Noël Forgeard qui a fait le voyage à Sidney pour signer le contrat. "Vous ne pouvez pas dire que (la commande de Qantas) était une condition pour le lancement de l'avion", a-t-il déclaré, "mais c'est très positif". "Cela montre que l'offre de Boeing basé sur un 747 allongé, le 747X, semble être moins compétitive face à l'A3XX", a commenté Philippe Gossard, analyste au Crédit Lyonnais à Paris.


Intérieur de l'A3XX. -

Objectif pour lancer l'A3XX : 50 commandes

Les actionnaires d'Airbus devront décider au plus tard à la fin mars 2001 du lancement industriel de l'A3XX, un mastodonde de 550 sièges en version de base et d'un coût estimé à 10,7 milliards de dollars. Le constructeur est détenu à 80% par EADS, le groupe aéronautique né en juillet dernier de la fusion entre le français Aerospatiale Matra, l'allemand DASA et l'espagnol CASA. Le Britannique BAe Systems détient les 20% restant. "On est tout près de notre objectif de 50 commandes pour le lancement industriel de l'avion", même si au-delà de ce but, c'est la qualité et la répartition géographique des compagnies de lancement qui est déterminant, souligne-t-on chez Airbus.

Les trois autres compagnies à avoir signé pour l'A3XX sont pour le moment la compagnie de Dubaï Emirates pour 7 commandes fermes, la société de leasing américaine ILFC pour 5 et Air France pour 10. Avec ses A3XX, livrables à compter de 2006, Qantas entend augmenter ses capacités sur la "Route Kangourou" reliant l'Australie au Royaume-Uni, via Singapour et Bangkok, sur laquelle elle compte actuellement 17 vols hebdomadaires assurés par des Boeing 747. Avec ce modèle, l'Américain détient depuis trente ans le monopole sur le segment lucratif des avions de plus de 400 places.


Prototype de cabine. -
Au delà de cette commande d'A3XX, Qantas a aussi décidé d'acquérir treize bi-réacteurs A330, concurrent du 777 de Boeing. Les A330 doivent accompagner la croissance du trafic sur les grandes lignes domestiques de Qantas et ses vols internationaux dans la région. La commande A3XX et A330 a une valeur d'environ 4 milliards de dollars sur 10 ans pour Airbus, selon des analystes.

Par Sophie Lutrand le 30 novembre 2000 à 00:00
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