© INTERNEQuelques jours après le conseil agricole européen, l'Union européenne fait un virage à 180 degrés. Alors qu'elle s'opposait à l'interdiction des farines animales au niveau européen, David Byrne, commissaire européen à la santé et à la protection des consommateurs, a annoncé ce matin que la Commission européenne proposait d'interdire temporairement l'utilisation des farines carnées pour tous les animaux de ferme dans l'ensemble de l'Union européenne. Ces mesures seront soumises aux ministres de l'Agriculture des Quinze, qui se réunissent lundi prochain lors d'un Conseil agricole spécial. Le Danemark et l'Autriche se sont déjà déclarés favorables à cette proposition. Le coût annuel de l'élimination des farines carnées dans l'Union européenne (UE) est évalué à quelque trois milliards d'euros (près de 20 milliards de francs)et l'industrie perdra pour sa part des revenus d'environ 1,5 milliard d'euros (près de 10 milliards de francs), a estimé mercredi le commissaire européen à l'Agriculture, Franz Fischler.
Elle a également proposé de sortir de la chaîne alimentaire tous les bovins de plus de 30 mois n'ayant pas subi de test de dépistage de la maladie de la vache folle, a précisé David Byrne.
La Grande-Bretagne n'exclue pas un embargo sur le boeuf français
Cette mesure concerne quelque 6 millions de bêtes, selon les estimations. David Byrne a également proposé d'ajouter dans la liste des abats à risques devant être détruits l'intestin complet des bovins. Ces propositions seront soumises aux ministres de l'Agriculture des Quinze qui doivent se réunir pour un Conseil spécial lundi à Bruxelles.
La Commission a enfin pris la défense de la France sur un point qu'elle avait laissé en suspens lors du conseil agricole. Elle a estimé que l'augmentation du nombre de cas de maladie de la vache folle en France "n'apporte pas d'élément scientifique nouveau justifiant un embargo" sur les importations de viande française, selon un avis du Comité directeur scientifique de l'Union européenne publié mercredi à Bruxelles.
Au même moment, la Grande-Bretagne se voulait menaçante en n'excluant pas la possibilité de décreter un embargo sur le boeuf français. Le président de l'Agence britannique pour la sécurité de l'alimentation, John Krebs, a assuré mercredi que "si les Français sont incapables de nous offrir un niveau d'assurances suffisantes, nous devrons repenser" à la question d'un embargo sur le boeuf français. Le président de la Food Standards Agency (FSA) faisait allusion à la visite à Paris le même jour d'une mission d'experts britanniques qui ont été reçus par la Direction générale de l'alimentation du ministère français de l'Agriculture.
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