© INTERNELe commerce équitable, c'est quoi ? Encore peu connue, cette pratique consiste à acheter des produits avec l'assurance qu'en amont, le producteur a reçu une juste rémunération de son travail.
Onze francs cinquante le kilo de café pur Arabica d’un côté, vingt francs de l’autre. C’est pourtant le même café, la même qualité mais deux logiques différentes : celle du commerce " mondialisé ", " globalisé ", l’autre, moins connue, du " commerce équitable ". Le cas du café, deuxième marché mondial de matières premières, illustre bien les différences de traitement des petits producteurs dans le circuit de la distribution mondiale et dans celui du commerce équitable. Le prix plancher fixé dans le cadre du commerce équitable ne fluctue pas selon les spéculations. Il est réévalué tous les deux ans par les producteurs, les importateurs, torréfacteurs et l’association Max Havelaar. Selon cette dernière, le cours du café ne permet pas aux petits producteurs de couvrir leurs besoins élémentaires. Non seulement, ils ne font aucun bénéfice mais vendent à perte. " Nous pourrions leur envoyer de l’argent sous forme d’aide humanitaire mais notre démarche est complètement différente. Il s’agit de replacer l’homme au centre des échanges commerciaux et de lui permettre de vivre de son travail ", commente Victor Ferreira, président de Max Havelaar France.
L'essentiel et un peu plus

75000 familles vivent du
café au Costa Rica. -
Bien sûr, le système implique que les importateurs et torréfacteurs du Nord acceptent de payer plus cher pour le même café. Mais l’association Max Havelaar tente au maximum de réduire le nombre d’intermédiaires. Alors que dans la chaîne traditionnelle, on compte une dizaine d’intermédiaires, la filière équitable n’en conserve que quatre (coopérative, import-export, torréfacteur, distributeur) afin de limiter le coût final.
L'objectif du commerce équitable est de permettre aux petits producteurs de rentrer dans leurs frais mais aussi d’améliorer leur qualité de vie. Au cours du café déjà avantageux qui garantit un préfinancement de 60% des récoltes s’ajoutent les primes (80 centimes par kilo) payées par les torréfacteurs non pas directement aux producteurs mais aux coopératives qui regroupent souvent des milliers de petits producteurs.
Des bourses d'études et une machine à laver
![]() Carlos Vargas, producteur au Costa Rica. - |
Mais surtout, nous avons pu financer des tas de projets ", s’enthousiasme le président de la coopérative, lui-même producteur de café. Une fondation appelée " Hijos del campo " a pu voir le jour. Elle verse des bourses aux jeunes Costa Ricains qui veulent poursuivre leurs études. Une autre initiative s’occupe de protéger la forêt amazonienne. " Sur chaque paquet de café de la marque " Foresta, une partie du prix va directement à une association visant à réduire l’utilisation du bois dans la fabrication du café ", explique Carlos Vargas. Idem pour l’eau afin de réduire la pollution des nappes phréatiques. Le commerce source de progrès.
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