© INTERNELa semaine dernière, le gouvernement invoquait le problème de retraitement de ces farines d’une part et les difficultés à les remplacer dans l’alimentation des volailles, porcs et poissons d’élevage d’autre part. Le gouvernement a finalement décidé de ne pas attendre pour proscrire les farines animales mais il va devoir prendre des mesures rapides pour gérer les stocks. Il faudra traiter 430 000 tonnes de farines, ajoutées aux 500 000 tonnes de produits " à risques " qui ne sont pas réutilisés ou " valorisés " dans le vocabulaire des abattoirs et qui ne sont que partiellement incinérés pour le moment.
Le coût de la destruction de ces farines est évalué à 5 milliards de francs par an. Le problème de l’incinération est un vrai casse-tête car la France ne possède pas les capacités de traiter tous ses stocks. Les cimentiers ne traitent que 130 000 tonnes par an et ne peuvent augmenter leur capacité que jusqu’à 300 000 tonnes. Les usines de retraitement des ordures ménagères ne sont pas adaptées à ces farines et leur incinération provoquerait des pollutions importantes. La solution serait donc de construire des usines spéciales, qui ne seraient opérationnelles que d’ici deux à trois ans….
Surcoût pour les éleveurs
Quant au remplacement des farines d’origines carnées dans l’alimentation des élevages, le dossier n’est guère plus simple. L’interdiction ne concerne que les volailles, les porcs et les poissons d’élevage, les farines devant théoriquement avoir disparu des repas des bovins depuis le 24 juillet 1990 et des ovins depuis le 20 décembre 1994. Sur les 430 000 tonnes produites, 100 000 vont à l’exportation. Ce sont les volailles qui en font la plus grande consommation. Les farines étant utilisées pour leur richesse nutritionnelle (protéines animales, phosphore, calcium et matières grasses) devront être remplacées par des tourteaux de soja et autres aliments végétaux importés du Brésil, du Maroc…
Le prix des aliments devrait augmenter de trois centimes par kilogramme pour le porc et de cinq centimes pour les volailles. Pour un éleveur de 1000 porcs par an, le surcoût devrait être d’environ 16 000 francs et de 24 000 francs pour un éleveur qui produit 120 000 poulets par an.
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