© INTERNELe commerce équitable, c'est quoi ? Encore peu connue, cette pratique consiste à acheter des produits avec l'assurance qu'en amont, le producteur a reçu une juste rémunération de son travail.
L’enjeu est aujourd’hui de passer d’une consommation militante à une consommation grand public. Jusqu'à présent en France, les produits estampillés commerce équitable séduisaient une clientèle avertie, engagée habituée des boutiques bio ou Artisans du monde mais peu nombreuse. Le café équitable ne représente que 0,2% des ventes totales (lire Commerce équi...quoi ? ). Comme beaucoup d’autres marchés, celui du café est aux mains d’une poignée de multinationales. Nestlé, Kraft Jacob Suchard, Sara Lee Corporation et Procter et Gamble se partagent 70% du marché mondial. Elles ont leurs propres réseaux de production, de torréfaction et leurs produits sont en bonne place sur les rayons des supermarchés.
"Je voulais savoir si l'argent allait bien aux producteurs"
Les quelques torréfacteurs qui achètent du café équitable en France sont des sociétés beaucoup plus modestes comme Malongo près de Nice ou Méo à Lille. Leur créneau n’est, de fait, pas la quantité, ils jouent donc la qualité : " avec le commerce équitable, la provenance et la qualité du produit sont garanties ", explique Jean-Pierre Blanc, directeur général de Malongo dont 10% de la production vient de la filière équitable. L’association Max Havelaar a contacté le torréfacteur il y a une dizaine d’année. " Je me rends très souvent sur les plantations en Amérique du Sud et notamment au Mexique. Je voulais savoir si l’argent allait vraiment aux petits producteurs, quand j’ai vu que c’était sérieux, je me suis lancé ", explique Jean-Pierre Blanc. D’abord par conviction personnelle puis par intérêt. " Les consommateurs sont davantage soucieux de qualité. Ils hésitent de moins en moins à payer un peu plus cher un produit de qualité et sont rassurés par le label ".
Un à deux francs plus cher qu'un café normal
Convaincre les grandes centrales de distribution de commercialiser ces produits n’a pas été chose aisée au départ. " Nous avons commencé avec Monoprix il y a un an et demi qui, depuis, a développé une marque distributeur café bio et équitable ", relate le président de l’association Max Havelaar France, Victor Ferreira. " Depuis, la plupart des autres grandes surfaces ont suivi ou commencent à s’y intéresser ". " On sent un véritable décollage des ventes depuis un an ", estime Jean-Pierre Blanc. En 1998, on vendait 112 tonnes de café équitable par an en France, près de 600 tonnes en 2000 et l’association Max Havelaar table sur 1500 tonnes en 2001.
Reste la question du prix. Les consommateurs semblent en effet séduits par les produits de qualité, les labels et se disent prêts à acheter des produits qui garantissent un meilleur revenu aux producteurs du sud. Le café équitable se vend un à deux francs plus cher à qualité égale c’est-à-dire pur Arabica soit autour de 18 francs le paquet de 250 grammes. Certains distributeurs jouent le jeu et n'augmentent pas les marges sur ces produits, d'autres non et le paquet de 250 grammes avoisinent les 22 francs, du café grand luxe.
![]() Ce logo est la garantie d'un commerce équitable. - |
C’est là un des problèmes que devra résoudre la filière équitable car cette gamme de produits ne concerne que les consommateurs les plus aisés. On peut aisément trouver des cafés mélangés (Arabica et Robusta) à 12 francs le paquet. Ceux qui achètent ce type de produits ne sont sans doute pas prêts à payer 6 ou 7 francs de plus pour participer à un commerce plus équitable. " Nous sommes conscients de cet enjeu et c’est pour cela que nous allons bientôt proposer des produits un peu moins haut de gamme mais meilleur marché ", commente Victor Ferreira. Ce dernier l’assure, " le commerce équitable n’en est qu’à ses balbutiements, un peu comme le bio il y a une dizaine d’années. Mais bientôt, on trouvera des rayons consacrés aux produits commerce équitable, tout comme aujourd’hui le bio et les labels ont envahi les gondoles des supermarchés ".
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