La vache folle qui tombe à pic !

Par , le 23 novembre 2000 à 00h00

L’Espagne connaît ses deux premiers cas de vache folle alors qu’elle impose un embargo sur le boeuf français depuis début novembre. Selon le gouvernement espagnol, il ne s’agit que de cas isolés.

La vache folle qui tombe à pic ! © INTERNE

Pourquoi le gouvernement espagnol a attendu presque un mois, et le lendemain du conseil européen agricole, avant d’annoncer son premier cas officiel de vache folle sur son territoire ? La nouvelle tombe à point pour apporter du crédit à la position française qui milite pour l’extension des mesures de précaution. Selon le gouvernement français, la seule raison pour laquelle la France connaît un cas grandissant de bêtes atteintes par la maladie de la vache folle, c’est que, contrairement à ses homologues communautaires, elle cherche.

Le ministre espagnol de l’Agriculture, Arias Canete, a révélé hier la découverte de deux cas d’ESB en Galicie. Ces deux premiers cas, dont un reste à confirmer, surviennent tous deux dans l'une des principales régions espagnoles de production de viande bovine, réputée pour la qualité de ses produits. "Nous ne sommes pas devant une épizootie, ce n'est qu'un cas isolé", a affirmé Arias Canete en estimant que "les systèmes d'alerte ont fonctionné pour éviter que ces animaux atteints passent dans la chaîne alimentaire". "Nous écartons qu'il puisse y avoir un risque d'épizootie avec toutes les mesures de précaution prises", a-t-il ajouté.

Malgré l'embargo, les prix chutent

Selon le ministre, le premier animal, une vache de cinq ans, née en Espagne et d'une race originaire génétiquement des Pays-Bas, est morte dans une exploitation de la localité de Carballedo, le 25 octobre, et a été ultérieurement incinérée. Le deuxième bovin, également né en Espagne et âgé de cinq ans, mais d'une race originaire d'Autriche, a été sacrifié dans un abattoir. Par mesure de précaution, les cheptels des trois exploitations où ont séjourné ces bovins seront abattus, analysés et détruits, ce qui représente au total 46 animaux, a assuré le ministre.

Le 8 novembre, le gouvernement espagnol avait décidé de fermer ses frontières à l’importation des bovins reproducteurs français et irlandais, par mesure de prudence et dans l’attente d’un avis de la commission européenne. Cette mesure n’a cependant pas permis d’épargner le pays de la psychose sur la viande de bœuf qui gagne toute l’Europe. Selon les professionnels espagnols, la consommation de viande bovine a baissé de 15% en une semaine et le prix au kilo a chuté de près de 30%.

Par Sophie Lutrand le 23 novembre 2000 à 00:00
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