Bertelsmann/EMI : la fusion traîne

Par , le 16 décembre 2000 à 00h00

A l’ombre des grandes fusions de Vivendi-Seagram et d’AOL-Time Warner se poursuivent laborieusement les négociations entre le groupe d’édition musicale EMI et le géant allemand des médias Bertelsmann : la noce prévue pour fin 2000 est reportée sine die.

Bertelsmann/EMI : la fusion traîne © INTERNE

A tant parler de l’alliance entre Bertelsmann et Napster le site d’échange de fichiers musicaux sur l’Internet, on en avait presque oublié que le géant allemand des médias s’était engagé dans un rapprochement avec le groupe d’édition musicale EMI. Il y a quelques mois encore, Thomas Middlehoff le président du directoire de Bertelsmann clamait à qui voulait l’entendre qu’il ferait de son groupe le leader mondial de la musique avant la fin 2000.

Si l’ambition reste, les délais ne seront visiblement pas respectés. "Il ne faut attendre aucun résultat avant la fin du mois de janvier", a-t-il annoncé mercredi, avant de poursuivre : "Le résultat même de ces discussions n’est pas prévisible car notre groupe veut éviter toutes les incertitudes et tout analyser dans les détails". Il n’en faut pas moins pour alarmer les analystes : quelles sont donc ces incertitudes à éclaircir ? pourquoi les discussions prennent-elles tant de temps ?

Le mariage Warner-EMI avait avorté

Le groupe allemand veut fondre sa filiale BMG dans EMI et prendre 50,5% des parts du nouvel ensemble. D’après le Financial Times, les parties avanceraient à grand pas sur la question du prix du rachat. Le problème très épineux du management de la nouvelle entité musicale aurait également trouvé une solution. Les deux groupes se dirigeraient vers une direction à deux têtes, du moins à titre transitoire.


Warner et Emi se voyaient
mariés il y a douze mois. - AFP
Reste le respect des lois protectrices de la concurrence. EMI garde en mémoire l’échec cinglant de sa tentative de rapprochement avec Warner Music, la filiale musicale de Time Warner. Pas question d’essuyer un nouveau refus de la Commission européenne. Or, a priori, la situation est identique : l’Union européenne avait rejeté la fusion EMI-Warner parce qu’elle diminuait le nombre de majors de cinq à quatre. A EMI et BMG de convaincre les autorités que leur mariage ne sera pas préjudiciable à la concurrence.

Par David Straus le 16 décembre 2000 à 00:00
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