2 bovins sur 1000 contaminés

Par , le 12 décembre 2000 à 00h00

VACHE FOLLE : Selon les premiers résultats de la campagne de dépistage en France, 2 bovins sur mille jugés "à risque" sont atteints de la maladie de la vache folle.

2 bovins sur 1000 contaminés © INTERNE

Le gouvernement publie ce matin les premiers chiffres de la campagne de dépistage de la maladie de la vache folle qu'il a lancé en juin dernier et qui concernera au total 48 000 bovins jugés à risque.  2,1 bovins sur mille bovins "à risque" sont atteints de la maladie de la vache folle, selon l'analyse à mi-parcours de ce programme publiée lundi par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Pour le moment, 15.000 tests rapides de type Prionics ont été réalisés. Cette analyse montre notamment une "prévalence élevée" chez les animaux nés en 1993 et 1995, alors que les farines carnées, soupçonnées de contenir l'agent infectieux de l'ESB (le prion), étaient interdites dans leur alimentation depuis 1990. Elle montre également une "prévalence élevée" parmi les animaux abattus d'urgence pour cause d'accident (3,0 pour mille), "catégorie qui peut entrer dans la chaîne alimentaire".

Ces premiers résultats mettent en outre l'accent sur "un probable défaut de déclaration et de reconnaissance des cas par le réseau de surveillance clinique" organisé depuis 1990, laissant aussi supposer que des animaux contaminés sont entrés dans la chaîne alimentaire. Trois fois plus de cas ont en effet été détectés par ce programme de tests rapides que dans le cadre de ce réseau d'épidémio-surveillance. Les tests portent sur trois catégories de bovins de deux ans et plus: les bovins morts de mort naturelle, les bovins euthanasiés et les bovins abattus d'urgence pour cause d'accident.

L'Ouest est la région la plus touchée

A titre de comparaison, le taux de prévalence observé en 2000 en Suisse, qui a organisé une campagne similaire à la France, est de 1,3 pour mille au 1er décembre. "Les données de l'étude ne permettent pas pour l'instant de tirer de conclusions sur les taux de prévalence pour les animaux nés en 1996 et après", précise l'Afssa. Selon l'analyse de l'Agence, il apparaît que les animaux qui présentent le prion en quantité détectable dans leur système nerveux central sont "particulièrement représentés dans la classe des animaux de plus de 48 mois et dans celle des animaux abattus d'urgence".

Les 15.000 prélèvements étudiés ont eu lieu entre le 7 août et le 24 octobre dans trois régions, Basse Normandie, Bretagne et Pays de Loire. L'ouest de la France est la région la plus touchée par l'épizootie. Les résultats positifs au test rapide Prionics ont été confirmés par des tests de référence par le laboratoire de l'Afssa à Lyon. Le Comité de suivi scientifique de l'étude recommande la poursuite du programme jusqu'à 40.000 prélèvements "afin d'affiner les prévalences par sous-groupes (classe d'âge, régions, catégories de morts etc) et d'évaluer le test Biorad par rapport au test Prionics". Sur les 48.000 tests prévus à l'origine dans cette campagne, 8.000 le sont au titre du programme européen.

Par Sophie Lutrand le 12 décembre 2000 à 00:00
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