Consentement mutuel pour Vivendi

Par , le 06 décembre 2000 à 00h00

Après les actionnaires du Canadien Seagram, ceux de Vivendi ont accepté à 95% la fusion entre les deux entreprises. On attend l’approbation des actionnaires de Canal Plus, vendredi. Si tout va bien, l’action Vivendi Universal fera son entrée sur les places parisiennes et américaines lundi prochain.

Consentement mutuel pour Vivendi © INTERNE

Et de deux. Mardi après-midi, les actionnaires du groupe canadien Seagram ont accepté à 90,4% le mariage à trois avec le Français Vivendi et la chaîne de télévision Canal Plus qui donnera naissance à Vivendi Universal. Hier soir, les actionnaires de Vivendi ont également avalisé cette fusion, à une écrasante majorité : 95 %. On n'attend plus que l'approbation des actionnaires de Canal Plus, qui pourrait poser plus de problèmes. Mais si tout se passe bien, l’action de Vivendi Universal, la nouvelle entité issue de la fusion, sera cotée dès lundi prochain sur les bourses de Paris et de New York.

Le mariage de Vivendi (Cegetel, SFR, Havas) et de Seagram qui détient notamment l’immense catalogue cinématographique et musical de Universal, créera le deuxième groupe mondial des métiers de la communication, derrière l’Américain AOL-Time Warner en cours de fusion mais toujours en attente d’un feu vert de la Fédération américaine du commerce. Vivendi Universal a, lui, passé cette étape avec succès. Son dossier a obtenu sans encombre l’approbation des autorités américaines mais a dû être modifié pour emporter l’aval de la Commission européenne et obtenir celui du gendarme français de l’audiovisuel, le CSA. A la mi-octobre, des fuites laissaient entendre que Bruxelles pourrait demander une enquête approfondie qui aurait retardé le processus de fusion d’au moins quatre mois. A la suite de tractations de dernière minute, la Commission européenne a donné son feu vert au projet porté et défendu par Jean-Marie Messier, l’actuel Pdg de Vivendi et futur patron de Vivendi Universal.

Les professionnels du cinéma inquiets


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L’affaire s’est davantage corsée avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui redoutait que la fusion n’entraîne le démantèlement de la chaîne cryptée Canal Plus. C’est seulement jeudi dernier, à quelques jours des assemblées d’actionnaires que Vivendi a reçu l’accord du sage de l’audiovisuel au prix de garanties sur l’indépendance de Canal Plus et sur la gestion de sa base d’abonnés. Seul petit couac qui pourrait faire grincer un processus bien engagé : le recours en annulation de la décision du CSA déposé hier par les organisations professionnelles du cinéma auprès du Conseil d'Etat. Elles estiment que "les conditions de cette fusion portent gravement atteinte au périmètre de Canal+ et à sa viabilité". La chaîne réunira elle ses actionnaires vendredi 8 décembre.

Une fois la fusion approuvée, la nouvelle entité devrait réaliser dans la communication un chiffre d'affaires d'environ 24,6 milliards d'euros (plus de 160 milliards de francs) cette année.

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Par Sophie Lutrand le 06 décembre 2000 à 00:00
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