La formation professionnelle en débat

Par D.S. , le 20 décembre 2000 à 00h00

Les patrons et les syndicats sont d’accord pour réformer le système de formation des travailleurs afin de maintenir leur niveau de qualification mais les partenaires ne s’entendent pas toujours sur les moyens d’y parvenir : faut-il par exemple les former pendant ou hors du temps de travail ?

La formation professionnelle en débat © INTERNE


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Troisième jour de marathon pour les partenaires sociaux. Après des négociations sur l’avenir du paritarisme, après le bilan d’une première année de refondation sociale, syndicats et patrons ouvrent aujourd’hui le dossier de la formation professionnelle. Pour les syndicats, la formation professionnelle fait partie des gages d'emploi ou de réemploi. Les mutations technologiques, le risque de la perte de l'emploi, la progression dans la hiérarchie ou la volonté de réorienter sa carrière professionnelle notamment, imposent au salarié de mettre à jour, d'enrichir ses connaissances ou d'en acquérir de nouvelles dans un tout autre domaine d'activité.

Les entreprises sont elles aussi confrontées aux bouleversements technologiques et industriels. Ainsi, le Medef remarque-t-il que la mondialisation impose à toutes les entreprises d'accroître leurs performances dont l'un des éléments décisifs "réside, compte tenu des coûts salariaux français, dans la qualité des ressources humaines". Par ailleurs, selon le patronat, le vieillissement et une diminution de la population active obligent les entreprises "à un accroissement significatif de la compétence de chaque salarié". Or, "40% de la population active a un niveau de formation initiale inférieur au niveau CAP-BEP", s’inquiète le Medef. La Confédération Générale des PME souligne, pour sa part, "l'inadéquation entre l'offre et la demande d'emploi", et s'inquiète "de la pénurie de main d'œuvre", alors que près de deux millions de personnes pointent encore à l'ANPE.

Un droit pour tout salarié


Ernest-Antoine Seillière. -
Le syndicat des patrons, dont la délégation sera conduite par le PDG d'Usinor Francis Mer, s'est fixé trois priorités: accroître l'effort de formation des entreprises, sensibiliser et accompagner le salarié dans le développement de sa qualification et professionnaliser la formation des jeunes. Mais la proposition de réaliser des formations en dehors du temps de travail braque d'ores et déjà les syndicats. La seconde loi sur les 35 heures a déjà fait un pas dans cette direction puisqu’elle précise qu'un accord de branche ou d'entreprise peut prévoir l'organisation de la formation, "pour partie, hors du temps de travail effectif", sous réserve notamment de l'accord du salarié.

L'un des principaux objectifs de ces derniers sera d'arriver à la création d'un droit individuel à la formation professionnelle. Le système actuel, qui remonte à 1971, a en effet montré ses limites. La formation aujourd’hui profite d'abord aux plus qualifiés. Les hommes sont privilégiés par rapport aux femmes tandis que les salariés des grandes entreprises le sont par rapport à ceux qui travaillent dans des entreprises de petite taille, selon les syndicats.

Par D.S. le 20 décembre 2000 à 00:00
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