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Quand Andrea, Stefan, Lisa (6 ans) et Marie (4 ans) ont franchi les portes du parc Disneyland Paris, ce matin à 10h15, cette famille allemande ne se doutait pas de l’accueil que leur feraient Mickey, Minnie et accessoirement une brochette de directeurs sortis pour quelques instants de leurs courbes de progression et de leurs plans marketing. C’est bien le moins quand on est le cent millionième visiteur de la première destination touristique payante de France et même d’Europe.Avec ses 12 millions de visites par an, le parc inauguré le 12 avril 1992 arrive loin devant la tour Eiffel (6 millions) ou le Louvre (5 millions). Encore ces chiffres doivent-ils être pris avec des pincettes : une visite, c’est-à-dire le passage dans un tourniquet, ne correspond pas nécessairement à un client, car, une fois muni d’un billet, on peut entrer et sortir du parc à satiété. Selon une étude récente d’EPA France, le nombre de visiteurs avoisine les 8 millions à l’année.
Ouverture d'un second parc l'année prochaine
Ce n’est pas Lisa et Marie qui se plaindront de cette approximation puisqu’elle leur vaut aujourd’hui d’être gratifiées d’un passeport d’entrée à vie sur le site dirigé depuis mai 2000 par l’Américain Jay Rasulo. Celui-ci souhaite accueillir le deux cent millionième visiteur dans quatre ou cinq ans. Et il y met les moyens. Le fabricant de rêve compte beaucoup sur l’ouverture d’un second parc d’attractions qui ouvrira ses portes au printemps 2002 à proximité de celui
 Chérie, j'ai rétréci le public. - |
existant. Ce nouveau site consacré à l’image et au cinéma devrait drainer entre 4 et 5 millions de clients tous les ans. Pour appâter le client, la généralisation du système de réservation FastPass permettra de réduire le temps d’attente dans les files de plusieurs des 43 attractions du parc dont la dernière porte le nom de Chéri, j’ai rétréci le public.Ironie du sort, le public a effectivement rétréci ces dernières années. Après le chiffres record de 1997 (12,57 millions de visiteurs), la fréquentation a stagné les deux années suivantes pour chuter de 500 000 clients sur l’exercice 2000. Selon le groupe, ce recul est ponctuel et s’explique par la tempête de décembre 1999.
Les actionnaires ne participent pas à la parade
En revanche, Disneyland Paris peut se targuer d’une progression de 64% de son bénéfice pour l’exercice 2000. Mais Mickey est partageur. Ses activités fournissent de l’emploi à 11 000 personnes et indirectement à 30 000 de plus. En 1999, le parc a généré 24 milliards de francs en 1999 pour l’Hexagone dont 14 pour l’Ile-de-France. Enfin, Disney contribue à sa façon à l’aménagement du territoire : en 2015, une ville toute neuve avec université et centre d’affaires sortira de terre et abritera 40 000 habitants.
C’est le pays des merveilles ou presque. Après avoir atteint 160 francs en 1992, l’action vaut aujourd’hui un peu plus de 4 francs. Et cela ne risque pas de changer : les bénéfices de l’entreprise sont mangés par les intérêts des 15 milliards de francs de dette et par la ponction à raison de 10% par an de la maison mère américaine. Vite, un coup de baguette magique !