L'Allemagne vend son 1er Transrapid à la Chine

Par , le 21 janvier 2001 à 18h44 , mis à jour le 21 janvier 2001 à 19h20

Le train à sustentation magnétique Transrapid, bijou de la technologie allemande, a réussi à faire sa première percée commerciale, avec la commande par la Chine d'une ligne reliant la ville de Shanghai à son aéroport international.

[Expiré] [Expiré] Le transrapid allemand © AFP

C'est aujourd'hui que le contrat sera officiellement signé. La Chine a choisi le consortium Transrapid International, composé des allemands Siemens et ThyssenKrupp, pour la construction d’une ligne rapide reliant le centre ville de Shangai à son aéroport international. Et la nouvelle est d’importance pour notre voisin européen qui n’a jusqu’à présent connu que des déboires avec son train à sustentation magnétique. Au point de ne l’avoir encore jamais exploité commercialement.

Après les échecs successifs la commande

Merveille technologique, le Transrapid a connu de nombreux déboires du fait de son coût financier

Merveille technologique pour certains, ce train représente un gouffre financier pour d’autres. Il est vrai que son histoire a été marquée par des estimations de coûts sans cesse revues à la hausse, des prévisions intenables et des protestations continuelles des écologistes. C’est ainsi qu’un projet de liaison Berlin-Hambourg a été abandonné en février 2000 en raison de son coût prohibitif - plus de 5 milliards d'euros - et des incertitudes quant à sa rentabilité. "C'est un jour noir pour l'industrie allemande", avait alors commenté le comité d'entreprise de ThyssenKrupp. Depuis, des études de faisabilité ont été lancées pour des lignes plus courtes en Bavière (sud) et en Rhénanie du nord-Westphalie (nord-ouest). Elles n'ont jusqu'à présent pas abouti.

Ces revers ne semblent pas avoir impressionné Zhu Rongji, qui avait pu se rendre compte en juillet dernier des capacités du train, en effectuant un trajet sur une ligne expérimentale de 31 km, construite en Allemagne, près de la frontière hollandaise. Après un accord sur une étude de faisabilité du projet à Shanghai l'été dernier, "les négociations sont allées à la vitesse du Transrapid", a déclaré M. Wiegelmann, porte-parole du consortium allemand.

Le Transrapid, bijou de la technologie allemande

Le Transrapid roulera à 430 km/h pour rellier en moins de 10 minutes les 30 km qui séparent Shangai de l'aéroport

Ce train ne dispose pas de roues, mais d'électro-aimants. Dès que le courant circule, le véhicule s'élève grâce aux aimants. Et un système électronique permet au train de rester suspendu continuellement à 10 millimètres au-dessus de la ligne ferroviaire. La propulsion de la machine se fait sous forme de bobines d'électro-aimants placées sur la voie. Celle-ci peut-être construite soit à même le sol, soit sur des piliers de béton qui peuvent atteindre une hauteur de 4,70 mètres.

La ligne qui reliera sur deux voies l'aéroport international Pudong au centre ville de Shanghai, sera longue de 30 km. Elle devrait être achevée d'ici la fin de 2003. Le Transrapid devrait alors transporter, au rythme d'un train toutes les dix minutes, 15 millions de passagers par an. Sur la ligne de 30 km, la vitesse du train devrait atteindre 430 km/h pendant le trafic normal. Mais "la vitesse de démonstration est sensiblement plus élevée", affirme Peter Wiegelmann. Les débuts techniques du Transrapid remontent aux années 1920. A l'époque, l'ingénieur Hermann Kemper avait développé une technique de train à sustentation magnétique, qui reste la base du Transrapid actuel.

Par Alexandra Guillet le 21 janvier 2001 à 18:44
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