Beaucoup de Français veulent créer leur société, il faut les aider

Par , le 24 janvier 2001 à 11h53 , mis à jour le 23 janvier 2001 à 15h07

Les patrons de start-up seront sans doute d'accord, le plus dur n'est pas de créer une entreprise mais de la rendre pérenne. Jean-Marie Bockel nous détaillait hier en avant-première les principales propositions d'aide aux entreprises qu'il a présentées au Premier ministre.

15% des entreprises touchées par le bug © INTERNE

Tf1.fr : Le Parlement vous a confié la rédaction d’un rapport sur la simplification des créations d’entreprises, quelles sont vos conclusions ?

Jean-Marie Bockel : Ce rapport est la suite logique des assises de la création d’entreprises qui ont eu lieu en avril 2000. Nous n’avons pas voulu faire un énième rapport mais proposer des mesures simples et applicables qui sont d’autant plus nécessaires qu’il y a un véritable engouement aujourd’hui pour la création d’entreprises, ce qui n’était pas le cas avant. Un peu moins de 180 000 entreprises ont été crées l’année dernière et 3 millions de personnes seraient tentées par cette aventure. Il y a un potentiel et il faut faire sauter les freins à la création d’entreprises.

Tf1.fr : Quelles sont vos propositions ?

"La plupart
de nos
propositions
pourraient
être adoptées
avant
les élections
présidentielles "

Jean-Marie Bockel : Tout d’abord, nous nous sommes aperçus que le plus difficile n’est pas de créer une entreprise mais plutôt de passer le cap des deux ou trois ans. Nous proposons 12 mesures dont trois essentielles : la première est le statut social du créateur. Ce dernier prend un grand risque en montant une entreprise. Il peut perdre ses biens, son capital…On doit donc lui permettre de conserver certaines garanties, comme la sécurité sociale, la retraite, le RMI ou le chômage… La deuxième proposition phare est la création d’un guichet social unique. Aujourd’hui pour payer les cotisations, il faut remplir plusieurs formulaires, URSSAF, retraite…. C’est un vrai maquis. Nous voulons un système de recouvrement intégré.


Jean-Marie Bockel, député-maire PS
de Mulhouse et partisan d'une
"troisième gauche". -
Enfin, nous proposons la création d’un chèque emploi premier salarié. De nombreux créateurs d’entreprises sont les seuls et uniques salariés de leur société. Ils auraient besoin d’embaucher mais n’osent pas par peur des complications. Le chèque premier emploi, sur le mode du chèque emploi-service, permettrait de franchir l’étape.

Tf1.fr : A quel terme ces mesures pourraient être mises en application ?

Jean-Marie Bockel : Il faut savoir que chacune de nos propositions a été pré-négociée avec Bercy. Ce n’est pas un rapport qui va coûter cher. Les mesures proposées ne méritent pas une nouvelle loi, tout juste quelques balayages des lois en vigueur. Selon moi, la plupart d’entre elles pourraient être prises avant les élections présidentielles, à l’exception peut-être du chèque premier emploi et du guichet unique.

Par Sophie Lutrand le 24 janvier 2001 à 11:53
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