Les cartes illimitées dans les cinémas indépendants

Par Christophe ABRIC , le 24 janvier 2001 à 15h28 , mis à jour le 24 janvier 2001 à 16h11

L'Assemblée a fait la nuit dernière un geste significatif en faveur des cinémas indépendants, jusqu'ici lourdement pénalisés par les cartes illimitées. Désormais, les indépendants pourront accepter les cartes d'UGC et consorts, ces derniers étant tenus de leur verser une compensation sur la perte du chiffre d'affaire.

La carte UGC sanctionnée © INTERNE

Les cinémas indépendants qui se déclarent "satisfaits" à propos d'une décision sur les cartes illimités, c'est une chose assez rare. Assez rare pour penser que l'Assemblée nationale a pris les bonnes mesures, celles qui pourraient mettre un terme à la polémique sur ce sujet épineux qui a changé la face du cinéma français.

Les cartes quasi-universelles

Les autres décisions de l'Assemblée :

L'Assemblée nationale a approuvé la mise en place de cartes d'abonnement au cinéma, tout en soumettant ces formules de forfait à des conditions strictes sous la forme d'un  "agrément préalable" du directeur du Centre national de la cinématographie  (CNC). Il est prévu que "les ayants droits de chaque oeuvre  cinématographique doivent être rémunérés sur la base d'un prix de référence" sur lequel les exploitants devront s'engager.

En cas de non-respect de ces conditions, "l'agrément est retiré et  l'exploitant peut faire l'objet de sanctions administratives de la part du CNC  après avis d'une commission dont la composition et les règles de procédure et  de fonctionnement seront définies par décret en Conseil d'Etat".

Les indépendants étaient les principaux lésés par le système des cartes, qui réduisaient lourdement leur audience sans qu'ils aient les moyens de riposter. L'Assemblée a entendu leurs nombreuses requêtes en adoptant la nuit dernière deux amendements particulièrement favorables aux cinémas indépendants. Ceux-ci pourront accepter les cartes illimités de Gaumont & MK2, UGC et Pathé si ces groupes dépassent certains seuils des entrées ou des recettes sur une zone. En d'autres termes, si UGC capte plus d'un quart des cinéphiles sur une ville (8% à Paris), il sera obligé de laisser les indépendants de la même ville prendre la carte. Mieux, les grands groupes qui ont lancé les cartes devront, dans ce cas, compenser financièrement la perte de revenus engendrée par la carte, pour que l'indépendant touche autant d'argent que s'il avait vendu des places à tarif réduit.
 
UGC n'a pas voulu réagir

A l'Association française des cinémas d'art et d'essai (AFCAE), on s'estime "plus que satisfait" par cette décision : "Cela va permettre au détenteurs de carte d'aller dans d'autres cinémas avec leur carte, sans que nous y perdions de l'argent", se réjouit son président, Patrick Brouiller. Chez UGC ou MK2, à qui la mesure risque de coûter fort cher, on se refuse à tout commentaire. Grâce à la mesure de l'Assemblée, on pourrait assister à un véritablement retournement de situation : les créateurs des cartes illimités pourraient se mettre à les détester…

Par Christophe ABRIC le 24 janvier 2001 à 15:28
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