Le consommateur paiera son steak plus cher

Par , le 15 janvier 2001 à 18h02 , mis à jour le 16 janvier 2001 à 08h37

Le ministre de l'Agriculture et le secrétaire d'Etat à la consommation ont rencontré ce matin les acteurs de la filière bovine pour examiner les difficultés causées par la crise de la vache folle et notamment le surcoût dû à la systématisation des tests.

Gros risques sur le tartare de boeuf © INTERNE

La question ce matin n’était pas tant de savoir qui allait payer le surcoût engendré par les tests ESB que de savoir combien les consommateurs paieraient leur steak ? La réponse est 2 francs de plus par kilo de steak. "Le consommateur va payer l'essentiel du coût du test mais nous nous battons pour qu'il soit le plus faible possible", a déclaré Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine, à l'issue de la table ronde qui réunissait ce matin le ministre de l'Agriculture Jean Glavany et les acteurs de la filière bovine.


Le ministre Jean Glavany - DR
Il y a dix jours, la grande distribution s’érigeait en défenseur (objectif) de l’intérêt de ses clients, estimant que le coût du dépistage du prion devait être assumé par la filière bovine. Ces déclarations avaient instantanément fait descendre les industriels dans la rue… et sur les périphériques. Aujourd’hui, bouchers et grandes surfaces acceptent donc de faire peser la charge en bout de chaîne, sur le porte-monnaie du consommateur. Contrairement à Pierre Chevalier, le ministère de l’Agriculture ne prévoit qu'une hausse de 1 franc à 1,5 franc au kilo, soit quelques centimes par steak. Curieusement, les associations de consommateurs ne s'en émeuvent pas. "Cette augmentation est tout à fait marginale et nous l’acceptons car la sécurité n’a pas de prix", a expliqué lundi à tf1.fr Bernard Orphelin de l’association de consommateurs Léo Lagrange. "Nous ne sortirons de cette crise que par le haut, a-t-il poursuivi, à la condition que toutes les denrées soient soumises aux mêmes règles".

Un franc de plus par steak

Pourtant, un responsable d’abattoir estimait jeudi dernier que le coût des tests se traduirait par une hausse de 2 francs par kilo de viande à la sortie de l’abattoir et de 6 à 8 francs au kilo chez les bouchers. Cette tendance est déjà constatée chez les grossistes de Rungis où les prix ont augmentés de 5% environ en trois semaines. Le steak pourrait dès lors coûter un franc de plus.


Lionel Jospin - DR.
Les éleveurs souhaiteraient une intervention plus efficace du gouvernement pour contrer les effets de l’extension des contrôles à tous les bovins de plus de trente mois. En vigueur depuis le 2 janvier (six mois avant le reste de l’Europe), cette mesure coûte 20 millions de francs chaque semaine aux industriels. Il faut 500 francs pour faire pratiquer une analyse et seuls cent francs sont pris en charge par l ‘Union européenne.

"Aucun mot d'ordre n'a été donné au niveau national mais des actions  locales peuvent très bien se développer", indiquait lundi matin le responsable  de l'action syndicale de la FNSEA, Jean-Pierre Grellier. Le Premier ministre Lionel Jospin a pu vérifier de lui-même hier  l'amertume des éleveurs lors d'une visite à Favières, en Meurthe-et-Moselle.  Deux cent cinquante éleveurs l'y attendaient pour réclamer la "compensation intégrale des  pertes subies sur les animaux vendus, par rapport aux prix d'avant la crise". Le Premier minsitre a répondu que le gouvernement ferait tout pour que des mesures de  compensation soient adoptées au niveau européen.

Par David Straus le 15 janvier 2001 à 18:02
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