Les consommateurs n'étaient pas invités et paient l'addition

Par , le 16 janvier 2001 à 15h42 , mis à jour le 16 janvier 2001 à 16h19

Le ministre de l'Agriculture, le secrétaire d'Etat à la consommation et les acteurs de la filière bovine se sont mis d'accord mardi matin pour faire supporter le surcoût du dépistage de l'ESB au consommateur qui paiera deux francs de plus pour un kilo de steak.

devanture boucherie viande alimentation consommation economie © INTERNE


-
Ministres, éleveurs, abatteurs et distributeurs sont tous d’accord pour ne pas payer. C’est au consommateur de supporter le surcoût engendré par l’extension des tests de dépistage de l’ESB chez tous les bovins de plus de trente mois. L'augmentation pour le consommateur devrait se chiffrer à environ deux francs par kilo de viande, soit quelques centimes par steak, a estimé Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution à l’issue de la table ronde qui réunissait mardi matin le ministre de l’Agriculture, le secrétaire d’Etat à la Consommation François Patriat et les différents acteurs de la filière bovine. Jean Glavany, quant à lui, a indiqué qu'un accord interprofessionnel devrait être trouvé "d'ici à la fin de la semaine" et a annoncé la création d'un "observatoire" composé des représentants de la filière et des pouvoirs publics pour surveiller l'évolution du coût des tests.

Tout le monde est satisfait donc. Pas tout à fait. Contrairement à ce que pense le secrétaire d'Etat à la consommation, toutes les associations de défense de consommateurs ne se réjouissent pas de

"Est-ce que
les politiques considèrent
qu'ils sont représentatifs
des consommateurs?"

l’augmentation du prix du bœuf. Si l’association Léo Lagrange contactée lundi soir par tf1.fr estimait que " une augmentation  marginale du prix de la viande se justifiait quant il s’agissait de la santé des gens ", UFC-Que Choisir ? ne partagent pas entièrement ce point de vue. "A plusieurs reprises, nous avons indiqué que nous étions prêts à payer une augmentation de la viande, mais deux francs par kilo de steak, cela me paraît trop élevé. Un franc à un franc et demi, cela aurait été supportable", a indiqué Marie-José Nicoli, la présidente de l'association, à la suite des déclarations du ministre. "C'est un comble que nous n'ayons pas été invités à cette table ronde, car nous n'avons pas pu défendre nos intérêts alors que chaque professionnel a dû, lui, défendre son bifteck. Nous ne comprenons pas pourquoi nous avons été exclus", s'est insurgée Mme Nicoli qui a indiqué avoir demandé à plusieurs reprises de participer à cette réunion. "Est-ce que les politiques considèrent qu'ils sont représentatifs des consommateurs?" s'est-elle interrogée.


Jean Glavany - DR
Jean Glavany, lui, se montre serein. Selon lui, le coût des tests qui peut varier de 300 à 550 francs l'unité, devrait baisser, notamment du fait de l'accroissement du nombre de ces tests et des laboratoires agréés qui seront en concurrence. Le cap de 25 laboratoires devrait d'ailleurs être atteint "probablement aujourd'hui", a ajouté le ministre. Selon M. Bédier, les rayons de viande enregistrent encore "une baisse de la consommation forte (de moins 25%), en raison d'un problème d'approvisionnement en début d'année, mais si l'objectif de 40.000 tests hebdomadaire est atteint à la fin du mois, les besoins seront couverts.

Par David Straus le 16 janvier 2001 à 15:42
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience