Danone, la CFDT appelle à la grève

Par , le 11 janvier 2001 à 00h00

La CFDT appelle à la grève pour le 16 janvier à la suite d’informations de presse annonçant un plan de restructuration de la branche biscuits de Danone : fermeture d’une dizaine d’usines en Europe dont sept en France et suppression de 3000 emplois (dont 1700 en France). Danone ne souhaitait pas révéler ce plan de restructuration avant les municipales.

Danone, la CFDT appelle à la grève © INTERNE

Après la surprise, l'action. Suite à la révélationpar le Monde daté de jeudi d'un plan de restructuration chez Danon, la fédération générale agroalimentaire CFDT (FGA-CFDT) a demandé la réunion rapide d'un CCE extraordinaire et appelé les salariés de LU France à une journée de grève le mardi 16 janvier.

"Je m'attendais à une restructuration dans la branche biscuit mais pas de cette ampleur", commente Bruno Vannoni, délégué syndical de la CFDT pour Danone, joint par TF1.fr. Ce dernier affirme avoir contacté la direction de Danone pour avoir de plus amples informations, sans succès. Si le plan de restructuration du Groupe Danone, qui prévoit la suppression de 3000 emplois (dont 1700 en France) et la fermeture d'une dizaine d'usines en Europe (dont sept en France), a été pris en automne 2000, comme l'affirme Le Monde dans son édition de jeudi, les syndicats n'en étaient en tout cas pas informés.


Jean-René Buisson -
Ce plan, appelé "Record", aurait de "telles conséquences sociales que la direction voulait à tout prix éviter de le rendre public avant les élections de mars 2001", écrit Le Monde. Chez Danone, on refuse de confirmer ces informations "Nous sommes encore en pleine réflexion. Nous voulons nous donner trois à quatre mois pour réfléchir et informer les représentants du personnel. L'issue de cette réflexion pourrait être dévoilée en avril", a déclaré Jean-René Buisson, directeur général des ressources humaines du groupe. Selon ce dernier, "des fermetures de sites ne sont pas exclues" et "il y aura vraisemblablement des réduction d'effectifs". Il ajoute : "il est clair qu'il y a trop de capacités". Danone entend "se donner du temps" - trois à quatre ans au moins - pour conduire à son terme cette réorganisation de sa branche biscuits, a-t-il souligné.

"C'est le résultat de fuites internes ou d'une démarche politicienne", s'emporte Freddy Huck, secrétaire général de la Fédération national de la CGT agroalimentaire, joint par TF1.fr. Le représentant a immédiatement appelé la direction qui a réfuté ses informations. "Mais si ce plan existe bel et bien, nous nous opposerons à toute suppression d'emplois", affirme Freddy Huck. La CGT va également demander aux pouvoirs publics de prendre position et appellent les salariés à rester mobilisés.

Des actions à venir


Une chaîne de fabrication
Danone -
Parmi les sites menacés en France : Calais (244 salariés), Evry (356), Chateau-Thierry (322), Jussy (188), Charleville (197), Besançon (167) et Toulouse (144) auxquels s'ajoutent trois autres sites Italie à Locate, en Belgique à Beveren ou Herentals, aux Pays-Bas à Dordrecht. En Belgique, la vice-première ministre et ministre de l'Emploi a confié sa stupéfaction à TF1.fr. Laurette Onkelinx a rappelé qu'il existe en Belgique de nombreuses dispositions à respecter en matière de fermeture de site, des mesures prises au lendemain du scandale Renault Vilvorde. Sur les 5000 salariés que compte l'activité biscuits du groupe en France, 1700 seraient menacés. "Un chiffre énorme", souligne, dubitatif, Freddy Huck.

Pour la direction, ce plan semble indispensable, car parmi les trois principaux métiers de Danone, ce sont les biscuits les moins profitables. "La marge opérationnelle des produits laitiers est de 11%, celle des boissons de 12,3% et celle des biscuits de 7,9% seulement", écrit le Monde. C'est cette marge qui détermine de la valeur de l'action, auquel le groupe est très attaché.

Après les produits laitiers, les biscuits

Les représentants des salariés et les élus politiques ne devaient pas être informés de ce plan de restructuration avant le mois d'avril selon le journal. Aujourd'hui, la CFDT compte saisir l'UITA (Union des industries des travailleurs de l'alimentaire européens) et prendre contact avec Danone. "J'ai rendez-vous demain avec les délégués syndicaux de Lu France. Nous avions prévu de faire le point sur les sites en surcapacité pour prévoir la réorganisation. Maintenant, nous allons envisager les actions à entreprendre", a expliqué Bruno Vannoni.

Au cours des dernières années, Danone a acheté plusieurs fabricants de biscuits. Récemment encore, Danone a acquis deux usines polonaises et trois usines hongroises qui appartenaient à United Biscuits. La branche produits laitiers frais de Danone a déjà fait l'objet d'une vaste restructuration qui s'est étalée sur une dizaine d'années. Une dizaine d'usines ont été fermées. L'action Danone a terminé en hausse de 0,41% à 146,50 euros, mercredi, à la Bourse de Paris, alors que le CAC 40 cédait 0,17%...

Par Sophie Lutrand le 11 janvier 2001 à 00:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience