Danone sommé de s'expliquer

Par , le 17 janvier 2001 à 19h11 , mis à jour le 16 janvier 2001 à 20h08

Journée nationale de grève demain chez Danone alors que syndicats et direction se réunissent aujourd'hui à Genève. Le gouvernement français a assuré qu'il suivrait ce dossier de près.

grève du 16 janvier chez Danone calais, LU © INTERNE

Journée morte demain dans les 12 usines de LU France, la branche biscuits du Groupe Danone qui emploie quelque 4000 personnes et manifestation  à 11 heures devant le siège parisien de Danone. Les salariés exigent "le maintien de tous les sites de production" menacés par les projets de restructuration de la branche biscuit de Danone, révélé la semaine dernière par le journal Le Monde. Tel que le décrivait l'article, Danone prévoierait la fermeture de 10 usines en Europe dont sept en France et la suppressions de 3000 emplois dont 1700 en France. Une information démentie par la direction du groupe dans le même journal daté de mercredi, même si, elle avoue réfléchir à un projet de "réorganisation" de la branche biscuits", moins rentable que les deux autres, produits laitiers et boissons.

Le gouvernement attentif


Grève hier à l'usine de Cestas
en Gironde. -

En attendant, syndicats et classe politique appellent la multinationale de l'agroalimentaire à s'expliquer. Aujourd'hui se tient à Genève un comité de groupe européen extraordinaire réunissant des représentants de Danone et des délégués syndicaux. Et demain après-midi, un comité central d'entreprise a été convoqué au Coudray-Monceau. "La direction devra répondre aux questions que chaque ouvrier se pose : pourquoi ? Quand ? Comment ? En tout cas, vu les résultats de l'entreprise LU, rien ne justifie la fermeture (d'usines) ou la suppression d'emplois", selon l'intersyndicale de Ris-Orangis. Sur les terrains, les débrayages, plus ou moins longs, s'intensifient depuis quelques jours.

"Pourquoi ?
Quand ?
Comment ? "

Sur le terrain politique, les maires des sept sites menacés, selon le journal Le Monde, par ces projets de restructuration doivent se réunir mercredi matin à l'Assemblée nationale, a indiqué la CGT. Jean Glavany et Elisabeth Guigou sont également montés au créneau hier en affirmant tous les deux que le gouvernement veillera à ce que Danone respecte "scrupuleusement" ses "obligations légales" et ses "obligations citoyennes". La ministre de l'Emploi et de la Solidarité a ajouté mardi qu'elle veillerait "à ce que Danone utilise toutes les possibilités pour réduire au minimum les licenciements  et reclasser les salariés dont le poste serait supprimé". "Danone est une grande entreprise française (qui) a une responsabilité vis-à-vis de ses salariés et des territoires sur lesquels elle est implantée", a indiqué Mme Guigou, interrogée à l'Assemblée nationale.

Par Sophie Lutrand le 17 janvier 2001 à 19:11
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