Nous ferons du multimédia et beaucoup moins cher qu'avec l'UMTS

Par , le 31 janvier 2001 à 13h11 , mis à jour le 31 janvier 2001 à 15h18

Martin Bouygues a expliqué mercredi matin les raisons qui l'ont convaincu de ne pas se lancer dans l'UMTS, la troisième génération de téléphonie mobile. Patrick Leleu, directeur général de Bouygues Telecom, nous parle de la technologie retenue par son groupe et de l'offre qu'il proposera au public dès l'année prochaine.

logo bouygues telecom © INTERNE

Tf1.fr : Bouygues Telecom n'est pas candidat à une licence UMTS. Etait-ce une décision difficile à prendre ?

Patrick Leleu : Oui car notre décision rompt avec un discours dominant qui n’est pas forcément le bon. A un certain moment, il faut être pragmatique, il n’y a pas une vérité unique.

Tf1.fr : vous choisissez la technologie du GPRS-Edge, version améliorée du GPRS mais vous


Patrick Leleu, directeur général de
Bouygues Telecom-
n’excluez pas de revenir dans la course à l’UMTS si les conditions changent ou bien en tant qu’opérateur virtuel. N’est-ce pas un moyen de gagner du temps ?

P.L : La première préoccupation de Bouygues Télécom, c’est d’avoir une relation riche avec ses clients. Nous avons appuyé notre décision sur plusieurs études marketing : 40% des Français se disent intéressés par le multimédia sur les mobiles : pouvoir trouver les informations du guide Michelin, du routard, pouvoir se localiser sur une carte, payer avec son portable. Nous sommes allés voir ces 40% de Français prêts à se " plonger " : ils ne veulent pas en revanche que leur facture augmente de plus de 40%.

"Tout sera prêt début 2002"

Tf1.fr : Quand est-ce que vos mobiles multimédia seront disponibles, à quel prix et quels sont les services que vous proposerez ?

P.L : Nous serons prêts à la fin de cette année. Dès le début de l’année prochaine, nous ferons de l’image, du texte, du son de bonne qualité sous le format MP3, des mails, des chats… Tout sera prêt début 2002. Pour le prix, nos terminaux GPRS coûteront 15% à 40% plus chers que les terminaux actuels, nous sommes donc dans les limites fixées par nos clients. Nous serons en tout cas moins chers que les premiers terminaux UMTS qui devraient être vendus autour de 3500 francs.

Tf1.fr : le téléphone mobile s’est démocratisé grâce aux forfaits tout compris. Avec le multimédia et les multiples services, cela ne sera plus possible…

P.L : Bien sûr que si. Nous voulons rapidement nous concentrer sur les trois ou quatre usages qui intéressent les gens. Il faut que très rapidement 40% de nos clients aient envie de passer au GPRS.

Tf1.fr : En attendant de passer à l’UMTS ?

P.L : Nous verrons, nous avons le temps. Pour l’instant, la technologie UMTS n’est pas prête. D’ici 2005-2006, nous verrons s’il y a une ouverture du marché vers le haut débit et s’il est pertinent pour Bouygues Télécom de s’y lancer. Nous devrons choisir entre une version améliorée de notre " super-Edge ", acquérir une licence UMTS, devenir un opérateur virtuel (MVNO, Mobile Virual Network Operator) en nous servant du réseau d’un opérateur existant ou bien passer directement à la quatrième génération.

Retrouvez notre dossier UMTS

Par Sophie Lutrand le 31 janvier 2001 à 13:11
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