© INTERNELe téléphone mobile de la 3e génération, utilisant la fréquence UMTS, devait être l’eldorado : celui des opérateurs, prêts à consentir des milliards en recherche et développement, dans l’espoir de décrocher la lune. Celui des gouvernements bien décidés à ponctionner leur part de gâteau par la vente de concessions et la taxation.
Aujourd’hui, alors que la plupart des opérateurs européens sont asphyxiés ou, du moins oppressés, par l’achat de licences exorbitantes, alors que la construction des futurs réseaux risque de grever pour longtemps les budgets futurs, le doute s’installe. En France, les dirigeants de Bouygues Télécom et de Suez Lyonnaise ne cessent de dénoncer l’ « impôt UMTS » : pour de tels programmes technologiques et d’intérêt public, l’Etat ne devrait-il pas épauler le privé ou, à tout le moins, cesser de le ponctionner en pleine phase d’investissement ?
Un petit cadeau fiscal
A l’origine, les opérateurs français devaient débourser 32,5 milliards de francs pour l’utilisation exclusive pendant quinze ans de la fréquence UMTS. La moitié de la licence devait être payée pour décembre 2002. Mais Bercy a déjà décidé d’actualiser la somme en francs de 2000, ce qui concrètement ramène la licence à 25 milliards de francs. Ce matin, le quotidien économique Les Echos annonce que le ministre de l’Economie Laurent Fabius permettra aux opérateurs de reporter leurs déficits fiscaux indéfiniment, dérogeant au régime traditionnel d’amortissement. En clair, de bénéficier sur une plus longue période d’une réduction d’impôts en raison des frais engendrés par l’achat des licences. 
Laurent Fabius. -
Ce petit cadeau fiscal tombe à pic. Voici qu’une étude de Forrester Research annonce que le revenu moyen par utilisateur de mobile devrait chuter de 15% dans les cinq prochaines années, se fixant à environ 3200 francs (490 euros) par an. Si l’on ne prend en compte que les options déjà offertes à ce jour (voix et messages), la dégringolade atteindra 36%.
Concentrations et disparitions
Selon Forrester, les opérateurs connaîtront une période de vaches maigres de 2007 à 2013, perdant tout espoir de bénéfices. A cette époque le marché approchera de la saturation mais la concurrence entre les vendeurs n’en diminuera pas pour autant, surtout avec l’arrivée de la grande distribution. Les offres alléchantes pour le consommateur se multiplieront réduisant d’autant les espoir de profits des distributeurs. Les opérateurs, conscients de cela, tablent sur les nouveaux services de l’Internet mobile, comme la vidéo, pour s’enrichir. Mais Forrester est loin de faire le même pari.
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Faut-il souligner que si ces noires prédictions devaient se réaliser, c’est toute la finance européenne qui accuserait le coup. Tous les opérateurs ont emprunté pour acquérir les licences et certaines sociétés se sont désinvesties de leur métier traditionnel pour financer leur accès à l’UMTS.
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