Qui briguera la 4ème licence UMTS française ?

Par , le 25 janvier 2001 à 18h57 , mis à jour le 24 janvier 2001 à 19h28

Le forfait du consortium ST3G, composé de Suez Lyonnaise des eaux et de Telefonica, et les hésitations de Bouygues ouvrent la porte à de nouveaux compétiteurs sur le marché de la téléphonie mobile UMTS. Deutsche Telekom ou Hutchinson pourraient revoir leur position et déposer un dossier de candidature auprès de l'ART la semaine prochaine.

Les marchés ont en tout cas plutôt bien accueilli le forfait hier du consortium ST3G dans la course à l’obtention d’une licence UMTS (lire aussi Suez Lyonnaise et Telefonica ne seront pas candidats, Bouygues hésite). L’action Suez Lyonnaise gagnait près de 2% hier soir à la bourse de Paris et Telefonica accusait légèrement le coup à Madrid en reculant de 1,44%. Les trois autres candidats déclarés, France Télécom avec Orange et Vivendi avec Cegetel enregistraient respectivement des gains de 5,44% et de 2,73%. L’hésitation de Bouygues à se lancer dans l’UMTS -le groupe a déclaré hier qu’il ne prendrait sa décision que le 30 janvier lors de son conseil d’administration- ne semble pas avoir inquiété les marchés : au contraire, le titre Bouygues gagnait près de 3% à la clôture de la Bourse de Paris.

L'abandon de ST3G change la donne 

ST3G a en effet annoncé qu’il ne serait pas candidat à une des quatre licences françaises de

" Hutchinson
ou T-Mobile
ont assuré
qu’ils ne
préparaient pas
de dossiers.
A mon avis,
ils ont
quelques
projets
sous le
 
coude "

téléphonie mobile de troisième génération appelée communément UMTS qui doivent être attribuées d’ici l’été 2001 par l’ART (Autorité de Régulation des Télécommunications). " Les marchés ne voyaient pas d’un bon œil l’entrée de Suez Lyonnaise des eaux sur le marché de la téléphonie mobile. Sans réseau existant sur lequel s’appuyer, l’UMTS allait leur coûter très cher ", estime Stéphane Beyazian, analyste télécoms pour le Crédit Lyonnais, joint par tf1.fr. " Soit il n’a pas réussi à boucler son tour de table et a jeté l’éponge faute de financements soit il a estimé que l’investissement n’était pas rentable. La dernière solution donnerait des arguments à ceux qui ne croient pas à l’UMTS ", selon Nicolas Cote-Collisson, analyste télécoms chez HSBC à Londres, contacté par tf1.fr.

A une semaine de la date limite du dépôt des dossiers de candidatures, le choix de Suez Lyonnaise-Telefonica modifie-t-il la donne ? " Sans doute si l’on avait trois opérateurs potentiels pour quatre licences mais je ne crois pas que l’on va en rester là ", estime Nicolas Cote-Cotisson. Beaucoup d’opérateurs étrangers avaient fait mine de se désintéresser des licences françaises, persuadés qyue si Suez Lyonnaise-Telefonica se portaient candidat, ils obtiendraient une licence. " Certains, comme Hutchinson (japonais) ou T-Mobile (filiale de Deutsche Telekom) ont assuré qu’ils ne préparaient pas de dossiers. A mon avis, ils ont quelques projets sous le coude ", explique Stéphane Beyazian. Selon Nicolas Cote-Collisson, Telefonica pourrait peut-être monter un dossier en son propre nom, tout comme Telecom Italia " s’il sort de Bouygues au préalable ".

L'Etat se contentera-t-il de trois licences ?

L’Etat français, qui a tout de suite déclaré que ce forfait ne changeait rien à la procédure d’attribution des licences ni au calendrier, pourrait jouer un rôle déterminant dans les prochains jours. " Il ne faut pas oublier que l’Etat détient 54% de France Télécom et qu’un marché avec trois opérateurs serait une excellente nouvelle pour France Télécom et pour sa filiale mobile Orange sera introduite en bourse le 12 février ", analyse Stéphane Beyazian. En attribuant 3 licences, l’Etat ferait une croix sur les 32,5 milliards de francs, prix d’une licence à l’unité. " Mais si la quatrième licence n’est pas attribuée, on peut escompter une hausse de 10% de l’action France télécom et donc un bénéfice pour l’Etat actionnaire ". Mais le gouvernement français, qui a montré depuis le début une volonté de garantir la concurrence sur le marché des mobiles ne devrait pas faire ce choix. " Il n’y a pas de raison que la France, avec 60 millions d’habitants, n’ait que trois licences, alors que la Hollande qui n’abrite que 12 millions d’âmes en ait 6 ", ajoute Stéphane Beyazian.

Par Sophie Lutrand le 25 janvier 2001 à 18:57
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