Retraites : l'épreuve de force

Par Franck LEFEBVRE , le 19 janvier 2001 à 21h02 , mis à jour le 19 janvier 2001 à 21h19

Le torchon brûle entre le Medef et les syndicats, engagés dans une guerre d'usure sur le dossier sensible des retraites complémentaires. Vendredi, le président de l'Unedic a décidé de

Pas d'accord sur les retraites © INTERNE

Un nouveau pas a été franchi vendredi dans l'épreuve de force engagée entre le Medef et les syndicats sur les retraites complémentaires, après la décision du président de l'Unedic, Denis Gautier-Sauvagnac (Medef), de "suspendre jusqu'à nouvel ordre" les prélèvements des cotisations ASF. Dans l'affrontement opposant les cinq représentants syndicaux aux cinq représentants patronaux, lors d'un bureau exceptionnel de l'Unedic (assurance chômage), Denis Gautier-Sauvagnac a décidé de suivre les consignes du Medef appelant à ne plus collecter les cotisations de l'ASF, structure qui finance les retraites à 60 ans.


FO stigmatise "un pas supplémentaire
dans l'escalade"-
Après l'échec des discussions avec les syndicats sur les retraites complémentaires, le Medef avait estimé, le 16 janvier, que "les cotisations n'étaient plus dues depuis le 31 décembre 2000 et qu'elle ne seraient "pas levées le 4 février", date du prochain versement des cotisations à l'ASF par les entreprises. Les statuts de l'Unedic prévoient qu'"en cas de partage égal des voix, la décision est remise à une réunion ultérieure", fait valoir Denis Gautier-Sauvagnac qui, en attendant, a tout de même choisi de "suspendre jusqu'à nouvel ordre l'appel des cotisations ASF". Une nouvelle réunion du bureau est prévue le 25 janvier au cours de  laquelle "la question de la prolongation ou de l'interruption des appels à versement" à l'ASF sera de nouveau posée.

"Position partisane"

Malgré l'opposition ferme et unanime des syndicats, Denis Gautier-Sauvagnac nourrit "l'espoir que les partenaires sociaux arrivent rapidement à l'accord qui permettrait du même coup de débloquer la situation". Le report des prélèvements des cotisations ASF "n'a, à ce jour, aucune conséquence sur le montant des retraites qui seront liquidées jusqu'au 31 mars 2001", a assuré Denis Gautier-Sauvagnac .

De leur côté, les syndicats, gestionnaires de l'Unedic, ont déploré l'attitude du patronat qui "aboutit à confirmer une position partisane de l'ensemble de la délégation patronale faisant de l'Unedic un instrument de pression dans le conflit en cours portant sur l'avenir de la retraite à 60 ans".

Par Franck LEFEBVRE le 19 janvier 2001 à 21:02
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