© INTERNELa démonstration de force a été une réussite : plus de 80.000 manifestants dans les rues de Paris (selon les syndicats), 200.000 sur l’ensemble des autres villes… L'intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, SUD et FSU, à l’origine de la mobilisation d'hier pour le maintien de la retraite à 60 ans, voulait déclencher un mouvement massif, comparable à celui de 1995 : pari gagné.
![]() ''Une négociation qui débouchera''...- |
L’objectif était de faire pression sur le Medef pour l’obliger à reprendre les négociations sur les retraites complémentaires et éviter ainsi que les syndicats ne doivent finalement se tourner vers le gouvernement. L'organisation patronale, qui a assuré qu'elle "prendrait ses responsabilités" si le blocage persistait, semble avoir fait un pas en avant ce matin sur France Inter en appelant les syndicats à présenter "des solutions autres que celles qu'ils ont avancées jusqu'à présent". Une façon de relancer le dialogue ?
Les ambiguïtés du gouvernement
Pourtant, avant cette journée de grève et de manifestations, le Medef assurait qu’il resterait insensible à la "pression de la rue". Mais dans les rangs patronaux, le jusqu’au-boutisme du Medef a jeté le trouble et même provoqué un certain agacement. Autre élément qui plaide en faveur d’une rapide reprise des négociations patronat-syndicats : l’attitude du gouvernement. En joignant sa voix aux syndicats pour défendre la retraite à 60 ans, Lionel Jospin peut espérer tirer un profit politique de la mobilisation d'ampleur contre le Medef qui concentre sur lui toutes les critiques à un moment où la grogne sociale menace aussi le gouvernement. Ainsi pris entre une "union sacrée" syndicale et l’hostilité affichée par le gouvernement, et pu soutenu au sein même du patronat, le Medef n’a, en fait, guère d’autre choix que de retourner rapidement à la table des négociations…
L’attitude du gouvernement sur ce dossier n’est cependant pas exempte d’ambiguïtés. Au-delà du problème immédiat des retraites complémentaires, c’est l'avenir de l'ensemble du régime des retraites qui est en jeu. En effet, le patronat a pour objectif affiché de supprimer toute référence à un âge de départ à la retraite et d'amener progressivement la durée de cotisations à 45 ans en 2023 (40 aujourd'hui dans le privé). L'allongement de la durée de cotisations et le relèvement de l'âge de cessation d'activité qui en résulte, sont justifiées, selon le Medef, par l'évolution démographique et notamment l'arrivée à l'âge de la retraite de la génération issue du baby-boom. Le gouvernement partage le diagnostic mais pas les conclusions patronales : les problèmes de financement, estime-t-il, ne se poseront vraiment qu'à échéance de 2020 - 2040. Jugeant qu'il y a le temps de voir venir, il a confié à un Conseil d'orientation des retraites le soin de réfléchir à des propositions à long terme. Misant sur la concertation entre partenaires sociaux au sein de cet organisme, qui doit remettre un rapport fin 2001, le gouvernement espère en fait arriver à un large consensus… et entre-temps, éviter une confrontation sur un sujet périlleux, surtout en années électorales…
Retour MYTF1

Chargement en cours...




