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Imaginez : vous êtes David Hasselhoff, le héros de la série " K-2000 " et KITT est votre fidèle destrier. Le coupé noir, tel un étalon, calcule la distance jusqu’à la prochaine banque où se déroule un hold-up, arrive à se brancher sur les caméras de surveillance et à retrouver quelques minutes plus tard le casier judiciaire des malfaiteurs. Et bien théoriquement, vous pourrez tous avoir votre " kit ", version miniaturisée, d’ici un à deux ans pour les plus optimistes et quatre ou cinq ans pour les sceptiques.
Seulement voilà, tout le monde n’est pas David Asseloff et avons-nous vraiment besoin de l’assistance d’un ordinateur " ultra intelligent " quand bien même il ne devrait prendre guère plus de place qu’un téléphone portable actuel ? C’est là tout l’enjeu des opérateurs de téléphonie mobile qui se lanceront dans l’aventure de l’UMTS : rendre indispensable cette technologie non seulement aux " happy few " mais au grand public et la transformer en produit de masse tout comme les téléphones GSM il n’y a guère plus de deux ans.
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Quels seront ces services " indispensables ", ceux qui nous séduiront et seront assez forts pour nous convaincre de payer sans doute beaucoup plus cher non seulement le terminal mais aussi le forfait ? Trouver la boulangerie la plus proche et ouverte le dimanche, vendre et acheter des actions en direct, consulter ses e-mails, suivre les premiers pas de son petit-fils sur l’écran de son téléphone…. Jouer en réseau… Quel sera LE service indispensable ?
"Ça ne marchera jamais !"
Les opérateurs devront au préalable faire face à un autre défi : celui de la technologie. Les Sony, Siemens, Nokia et consorts assurent qu’ils sont prêts mais les cassandres commencent à se faire nombreuses. Non seulement la construction des réseaux coûteraient une fortune mais les terminaux capables de recevoir autant d’informations et de les utiliser intelligemment n'existeraient pas à l'heure actuelle.
De quoi faire perdre leur sang-froid aux candidats " à la mort lente ", selon l’expression de Martin Bouygues. La récente défection du consortium ST3G constitué du groupe français Suez-Lyonnaise des eaux et de l’opérateur de télécommunications espagnol Telefonica en est l’illustration. Le rapport du cabinet Forrester Research n’a rien fait pour les rassurer : l’étude de Lars Godell ne donne que cinq opérateurs survivants au niveau européen à l’horizon 2007.
Au banc des accusés, l’Union européenne qui n’a pas imposé de modèle unique et uniforme d’attribution des licences UMTS, laissant libre cours à l’imagination et aux appétits des Etats. Certains, bénéficiant de l’euphorie qui entourait les nouvelles technologies il n’y a pas un an, ont mis leurs licences UMTS aux enchères et touché un véritable pactole. C’est le cas de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne. D’autres les ont gracieusement offertes à leurs opérateurs, comme la Suède et d’autres encore ont demandé à connaître les intentions et les moyens financiers de chaque candidat avant de se prononcer. C’est le cas de la France qui comptera ses dossiers de candidature mercredi avant d'attribuer ses 4 licences avant l'été.
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