© INTERNEUn million de chômeurs en moins depuis juin 1997... Le chiffre a de quoi réjouir le gouvernement qui, s'il reconnaît l'effet positif de la croissance, revendique une part des lauriers. Et Elysabeth Guigou de souligner l'effet positif des 35 heures et des emplois-jeunes sur l'emploi. Plus de 292.000 embauches au titre des emplois-jeunes ont été réalisées fin 2000, a précisé la ministre de l'Emploi et de la Solidarité hier. Même s'il reste encore deux ans aux premiers emplois-jeunes créés début 1998 pour arriver aux termes des cinq années prévues par la loi, le plan de pérennisation promis par le gouvernement tarde à venir. Il était prévu pour l'automne dernier, selon Elisabeth Guigou, il devrait être dévoilé dans les semaines à venir. Un travail interministériel est en cours.
Restent 5 à 10% des emplois-jeunes qui seraient voués à disparaître. |
Sur les 292 000 emplois-jeunes recensés à la fin de l'année dernière, tous ne pourront pas être maintenus. Il faut distinguer deux objectifs, selon l'un des responsables du dossier au ministère de l'Emploi et de la Solidarité : la pérennisation des emplois d'une part, l'intégration des jeunes, notamment dans la Fonction Publique d'autre part. Pour le ministère, une bonne part des emplois-jeunes sont déjà solvabilisés, notamment dans les collectivités territoriales et les associations. Ces postes ont trouvé leur place, leur utilité et la fin du financement à hauteur de 80% du Smic par l'Etat ne semblerait pas être un obstacle à leur maintien, même si des aménagements peuvent être envisagés.
Au pire, un tremplin vers l'emploi
Signature du 200 000ème emploi-
jeune en présence de Lionel Jospin et
Martine Aubry.-
En revanche, 35% des emplois-jeunes ne seraient pas "solvabilisés" et ne le seront jamais. Il s'agit de postes comme ceux des "médiatrices du livre" qui "apportent le livre dans des villes, des quartiers, des maisons, où ils n'existent pas". Pas rentables mais utiles. Et le gouvernement ne semble pas disposé à s'en séparer. Ces emplois pourraient donc être maintenus grâce à une aide pour partie financée par l'Etat, par les collectivités locales ainsi que des fondations privées.
Restent 5 à 10% des emplois-jeunes qui seraient voués à disparaître. Correspondant à une idée du moment, (création d'un site internet pour une association ou une collectivité), à une mode qui ne s'est pas confirmée. "Ceux-là ont rendu un service ponctuel mais n'ont pas vocation à être renouvelés", affirme-t-on au ministère de l'Emploi et de la Solidarité.
"Beaucoup d'emplois-jeunes se sont transformés en emplois durables en passant les concours de la fonction publique, en particulier dans la police, mais nous avons un effort de formation à faire à l'Education nationale, ce que nous allons intensifier", a dit Mme Guigou hier. La question de l'intégration des "jeunes" par la voie des concours internes ou externes implique en effet davantage de souplesse. En ce qui concerne la fonction publique territoriale, il faudra changer les règles de recrutement car les emplois-jeunes bénéficient d'un contrat privé. Reste aussi que tous ne souhaitent pas forcément intégrer l'administration ou conserver le poste qu'ils occupent. Dans ce dernier cas, l'expérience d'une ou plusieurs années en tant qu'emplois-jeunes est présentée comme un tremplin vers un autre emploi.
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