© INTERNE" La vérité m’oblige à vous dire qu’à ce jour, j’ignore si cette entreprise au travers des différentes composantes, pourra être sauvée ", a écrit Marc Rochet, le nouveau président des compagnies AOM, Air Liberté et Air Littoral, dans une lettre adressée au personnel. Selon les chiffres publiés hier, ces trois sociétés auraient perdu plus de deux milliards et demi de francs en 2000.
Le nouveau président a présenté mardi après-midi ses orientations aux personnels réunis en comité d’entreprise extraordinaire à Paris. Ce dernier veut accélérer le rapprochement entre AOM et Air Liberté " afin d’essayer de les sauver ", a-t-il déclaré. La nouvelle compagnie AOM, qui réunira AOM et Air Liberté, devrait voir le jour le 25 mars, date du lancement du programme d’été. Les personnels opérationnels seront regroupés dans un même bâtiment près de l’aérogare de l’aéroport d’Orly Sud.
Un seul espoir pour les salariés, être rachetés par Air France
Ces nouvelles ne rassurent guère les quelque 7000 salariés d’AOM-Air Liberté sur leur sort. L’Intersyndicale a appelé mardi les actionnaires du groupe suisse Sair Group, ainsi que les autorités françaises à préciser clairement leur position sur l’avenir des salariés d’Air Liberté, AOM, Air Littoral. "M. Rochet nous a rappelé que la situation était catastrophique, notamment à cause de la désorganisation des compagnies, tout en nous demandant de payer la note, puisqu'il a annoncé une réduction des coûts et une réorientation du réseau sur les lignes rentables", a expliqué M. Nicoli de la CFDT. "Or nous attendions surtout qu'on nous dise que les actionnaires, et surtout le groupe Taitbout Antibes d'Ernest-Antoine Seillière (actionnaire majoritaire des trois compagnies, par ailleurs président du Medef, ndlr), confirme son soutien financier au développement de nos compagnies", a ajouté M. Nicoli.
Dans sa déclaration au comité d'entreprise, M. Rochet a déclaré que "chacun" devait "tout mettre en oeuvre" pour réaliser le rapprochement d'AOM et d'Air Liberté, qui représente selon lui "l'exact contraire d'un démantèlement". M. Rochet a enjoint les élus syndicaux à s'entendre rapidement sur les conditions de travail de chacune des catégories de personnels. "Il est impératif d'aboutir à cet accord dans les quatre semaines qui viennent, à savoir le 16 mars prochain au plus tard, afin de présenter un premier point de la situation à nos actionnaires à cette date". Un délai impossible à respecter pour les syndicats, qui précisent que "la négociation sur les 35 heures, entamée il y a deux ans, n'a pas abouti, faute d'un accord sur l'harmonisation des statuts entre les personnels des compagnies du SAir Group". selon le délégué SNPL Dominique Lambert, les salariés n'ont plus qu'un seul espoir : "Celui d'être racheté par Air France".
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