Mauvaise nouvelle pour les abeilles : l'insecticite toxique est autorisé © DRHenri Clément n'en revient toujours pas. Le président de l'Union nationale des apiculteurs de France pensait avoir gagné la partie contre son ennemi intime, le Gaucho. Mais ce n'est pas demain encore qu'il verra l'insecticide passer à l'as.
Le 2 février, le ministre de l'Agriculture Jean Glavany a annoncé la suspension pour deux années supplémentaires de l'utilisation de l'insecticide produit par les laboratoires Bayer sur les cultures de tournesol. Cette décision, qui fait suite à une première interdiction en janvier 1999, doit permettre à un comité d'experts indépendants d'étudier les éventuels effets toxiques de ce produit sur les abeilles. "La seule bonne décision en l'état actuel des connaissances scientifiques mais le débat n'est pas clos", explique à tf1.fr un responsable du ministère de l'Agriculture. Mais pour Henri Clément, joint par tf1.fr, "c'est une non-décision tout à fait regrettable qui dénote d'un manque de courage politique flagrant du gouvernement". Henri Clément, comme tous les apiculteurs français, ne veut pas d'une suspension supplémentaire mais d'"une interdiction définitive".
L'abeille qui ingère |
Pour le consommateur, il n'y aurait aucun danger concernant la qualité du miel puisque l'abeille est morte avant même d'avoir pu en produire. En revanche, les effets sur la production nationale de miel, la deuxième d'Europe après l'Italie, sont plus inquiétants. Selon les chiffres de l'Union nationale des apiculteurs – chiffres contestés par le ministère de l'Agriculture -, elle a diminué de plus de 20 % en cinq ans, passant de 32 000 tonnes pour la saison 1995-1996 à 25 000 tonnes pour la dernière récolte. Dans des régions apicoles comme le Poitou ou la Charente, la production a baissé carrément de moitié (1000 tonnes en 1995 à 500 tonnes en 1999).
"La situation commence à devenir de plus en plus grave mais en France, on perd du temps et on n'avance pas, estime Henri Clément. Le Portugal a interdit le Gaucho il y a deux ans, des problèmes apparaissent en Italie, en Belgique, en Espagne, mais nous, nous ne faisons rien". Les apiculteurs, excédés par l'attitude de la France qui "fait prévaloir des intérêts économiques sur les questions écologiques", envisagent de se faire entendre désormais par des actions coup de poing dans le pays, couplées à une lutte juridique contre les laboratoires Bayer.
Le fabricant du Gaucho regrette, de son côté, la décision du ministère de l'Agriculture. Dans un communiqué, Bayer affirme que "de nombreuses études (…) ont clairement montré qu'il n'y a pas de lien de cause à effet entre le Gaucho et la dépopulation des abeilles".
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