© INTERNE« Pas de futur sans agriculture » : Le salon international de l’agriculture, qui se tient à Paris du 18 au 25 février, a choisi de pointer les enjeux de l’agriculture de demain. Futur mais pas futuriste car en ces temps de doutes alimentaires, le salon a l’intention une nouvelle fois de saisir l'occasion pour faire connaître au grand public les enjeux de l’agriculture… Demandez le programme
Ah le mythe de la bonne Pâquerette qui mâchouille négligemment quelques brins de pissenlit en regardant les trains passer ! Et celui du chouchou de ces dames, seul à tenir compagnie à une bonne vingtaine d’entre elles pendant la douce période des pâturages ! Plus rien de tout ça et ceux qui trôneront au salon de l’agriculture cette année n’ont peut-être seulement jamais rencontré de congénères du sexe opposé. Car aujourd’hui, 70% des naissances se font par insémination artificielle pour les vaches laitières et 12% pour les vaches à viande.
4000 animaux sont attendus dimanche porte de Versailles pour constituer ce que l’on a désormais l’habitude de nommer « la plus grande ferme du monde ». Mais éphémère.
Tout savoir sur le salon
Cette pratique a vu le jour au lendemain de la seconde guerre mondiale et a connu son heure de gloire jusqu’en 1969 où près de 8 millions d’inséminations à partir de sperme de veaux, sélectionnés pour leur qualité, étaient pratiquées chaque année. Aujourd’hui, le productivisme à tout va n’est plus de mise et les quotas –notamment laitiers- imposent un contrôle de la production. On ne pratique " plus " aujourd’hui qu’un peu moins de 5 millions d’inséminations par an.
60 reproducteurs sélectionnés chaque année
Premier avantage : de façon " naturelle ", un taureau ne peut saillir qu’une vingtaine de vaches par an. Par insémination, environ 100 000 ! Deuxièmement, les animaux issus de cette pratique sont beaucoup plus performants : en sélectionnant les meilleures races et les meilleures bêtes, on a réussi à augmenter considérablement les qualités de leur descendance. Les vaches laitières Prim’Holstein produisent ainsi 110 kilos de lait supplémentaires par an soit 7500 kilos en tout, contre 6000 il y a seulement 10 ans.
Un même taureau peut donner naissance à plus de 100 000 veaux chaque année
La méthode est simple. 650 taureaux sont sélectionnés dès leur plus jeune âge pour leur qualité (ascendance, poids, race et descendance). On les teste, on observe et analyse leur descendance, on s’assure qu’ils n’ont pas de tares. Et l’on n’en garde alors 60. Les autres sont envoyés à l’abattoir.
Les cadors restants retrouvent leurs aînés dans des centres d’insémination et là commencent les choses sérieuses. " Deux à trois fois par semaine, le jeune taureau saute sur un autre, et au moment où il se cabre, un technicien récolte la semence ", explique Alain Malfosse, directeur adjoint de l’UNCEIA, l’Union nationale des coopératives d’élevage et d’insémination animale. Ah bon, mais pas de Marguerite ou de Noiraude à l’horizon ? " Non, on a essayé pendant un certain temps avec des vaches puis avec des bœufs mais il y a des risques sanitaires. Et puis, quand ils arrivent, les jeunes voient faire les anciens et reproduisent le même shéma ", précise l’ingénieur agronome joint par tf1.fr.
Une tare devenue planétaire
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Dans chaque éjaculât, plusieurs milliards de spermatozoïdes, que l’on dilue pour en tirer 300 doses qui seront vendues (250 francs, insémination comprise) et serviront à la fécondation de 300 vaches. Si l’on fait le calcul donc, compte tenu du taux d’échec, un même animal peut engendrer entre 100 et 300 000 petits par an. Et cela pendant deux ou trois ans. " La progéniture de certains taureaux a dépassé le million ", assure Alain Malfosse. Quelques mâles suffisent donc à renouveler la quasi totalité du cheptel français d’où l’émergence du risque de consanguinité. Or des chercheurs ont remarqué qu’un taux élevé de consanguinité entraînait une baisse manifeste de la production (environ 100 kilo de lait par degré de consanguinité) et une baisse de la fertilité des animaux.
On se souvient encore du taureau américain répondant au nom de Ivanoe Bell, et dont la grande " carrière " lui avait donné une descendance supérieur à un million d’animaux. Mais ce dernier avait deux anomalies génétiques qu’il avait transmises à ses descendants : le " blad ", qui provoque la mort des veaux avant 15 mois et le CVM (Complexe Vertebral Malformation) entraînant une malformation du squelette. Les semences d’Ivanoë Bell ayant été exportées dans le monde entier, le problème est devenu planétaire. " Des chercheurs ont depuis mis au point des sondes capables de déceler si l’animal est porteur de la tare et le problème a été réglé en l’espace de 5 ans ", explique Pierre Sellier, chercheur à l’INRA, joint par tf1.fr.
A l’heure où le génome humain vient d’être décrypté, celui des animaux et notamment des bovins est de mieux en mieux appréhendé. Si les spécimens que vous admirerez au salon de l’agriculture portent toujours fièrement leurs cornes, ceux voués à l’industrie les ont souvent perdues. " On a réussi à distinguer le marqueur génétique des cornes et à s’en passer, rapporte Alain Malfosse. Avec des cornes, les bêtes sont plus agressives et un accident peut vite arriver ". Idem pour le gène du "culard". On a réussi à mettre en évidence le gène du " culard " qui provoque une multiplication du muscle et donne des bêtes deux fois plus grosses que les autres ". On peut ainsi estimer que dans un avenir plus ou moins proche, les meilleurs spécimens seront sélectionnés d’après leur patrimoine génétique et non plus selon leur descendance.
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