© INTERNELe bloc FNSEA-CNJA est toujours le premier syndicat du monde agricole, en dépit de la progression réalisée par son grand rival, la Confédération paysanne de José Bové. La FNSEA de Luc Guyau a remporté 52,42% des suffrages contre 26,39% pour la Confédération paysanne.
Le ministre de l'Agriculture, Jean Glavany, qui a annoncé ces résultats, s'est félicité de "cette belle victoire de la démocratie et du pluralisme", tout en refusant de commenter ces chiffres en raison du "devoir de réserve" auquel il est tenu. Un peu plus tôt dans la soirée, Luc Guyau, a estimé que c'était "une grande victoire". "Ceux qui ont voulu nous faire mordre la poussière ont perdu", s'est réjoui le leader de la FNSEA, se félicitant de la reconquête par son syndicat de la chambre d'agriculture du Finistère, l'une des rares que lui avait ravies la Confédération paysanne en 1995.
José Bové n'a pas vaincu "la mainmise de la FNSEA"
Contacté par téléphone, Julien Bertau, porte-parole de la Confédération paysanne, a fait valoir que si son mouvement n'avait pas remporté la majorité nécessaire pour remporter les chambres, il n'en avait pas moins "réalisé une très grosse progression en pourcentage (de voix), avec notamment un rééquilibrage dans les départements du Sud et du Sud-Ouest".
Lors des précédentes élections de 1995, les listes FNSEA-CNJA avaient obtenu 59,8% des voix et emporté la présidence de 88 des 94 chambres départementales. Présente dans 78 départements, la Confédération paysanne avait recueilli de son côté 20,5% des voix et la présidence de quatre chambres seulement, dont deux outre-mer. Sur fond de crise de la vache folle, le mouvement de José Bové, qui fustige l'agriculture industrielle, espérait avec ces élections "vaincre la mainmise de la FNSEA sur les agriculteurs", et obtenir "le crédit du monde paysan pour les ponts créés avec le reste de la société", selon les propres termes du leader anti-mondialisation.
Les élections aux chambres d'agriculture, qui se déroulent tous les six ans dans tous les départements, concernent quelque 2,8 millions électeurs répartis en dix collèges, dont 692.000 pour le collège des chefs d'exploitations et 320.000 pour celui des salariés de la production agricole. L'enjeu est de taille, à la fois d'un point de vue régional et national : le syndicat le plus représentatif aura plus de chance de peser dans le débat politique et d'être l'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.
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