L'économie américaine va repartir, Greenspan l'a dit

Par , le 14 février 2001 à 18h01 , mis à jour le 13 février 2001 à 18h32

Le président de la Réserve fédérale américaine voit des raisons d'espérer en la bonne santé de l'économie américaine malgré un ralentissement soudain de la croissance. Pour l'y aider, la Fed pourrait décider de nouvelles baisses des taux d'intérêts.

Alan Greenspan federal reserve banque centrale américaine © INTERNE

"Des surprises peuvent toujours arriver", a mis en garde celui qui mène, à bientôt 75 ans, la politique monétaire des Etats-Unis depuis août 1987. Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale (Fed), a néanmoins estimé mardi que l'économie américaine allait repartir grâce à une productivité toujours solide et à une inflation contrôlée, mais aussi avec l'aide de nouvelles baisses de taux d'intérêt. "Bien que l'économie risque probablement d'être anémique à court terme, les membres de la Fed pensent que des conditions plus solides vont émerger à mesure que l'année avance", selon l'analyse économique bi-annuelle délivrée par la banque centrale au Congrès américain.

En attendant, l'économie est proche de la stagnation. "Le ralentissement de l'économie qui a débuté au milieu de l'année 2000 s'est intensifié, au point peut-être même que la croissance s'est arrêtée au tournant de la nouvelle année", a déclaré Alan Greenspan devant les sénateurs. Face à ce constat, a-t-il noté, la Fed a administré un remède de choc à l'économie avec deux baisses des taux d'intérêt sur le seul mois de janvier. Mais, l'économie est toujours convalescente et le traitement devrait se poursuivre avec sans doute de nouvelles baisses de taux d'intérêt dans les prochains mois. Un allègement des taux d'intérêt ne risque pas de faire repartir l'inflation, totalement maîtrisée en dépit de la flambée des prix de l'énergie, d'autant que le marché du travail va se détendre avec une réserve de main d'oeuvre plus importante ce qui évitera de provoquer un dérapage des salaires.

La confiance des consommateurs en ligne de mire

Pour l'ensemble de l'année, l'inflation, devrait être de 1,75% à 2,25%, a expliqué Alan Greenspan, soit moins que les 2,5% l'an dernier. Le taux de chômage devrait monter à 4,5% de la population active à la fin 2001, ce qui reste un niveau très faible par rapport aux autres économies développées, contre 4% en décembre dernier.

Globalement, le patron de la Fed voit des raisons d'espérer. "La faiblesse exceptionnelle mise en évidence à travers un certain nombre d'indicateurs économiques en fin d'année dernière (...) n'a apparemment pas continué en janvier", a-t-il dit. Alan Greenspan table donc sur une croissance de l'économie de 2% à 2,5% cette année, ce qui serait alors supérieur au taux de croissance de 1,4% en rythme annuel de l'économie américaine sur les trois derniers mois l'an dernier, mais inférieur à la croissance réelle de 3,5% du PIB en 2000. Un point noir pourrait être la confiance des consommateurs qui est étroitement liée à la performance de leur portefeuille boursier. Le changement d'attitude des chefs d'entreprise et des consommateurs "a souvent été soudain" ces dernières années, a prudemment souligné Alan Greenspan. L'atermoiement de "la confiance est une des raisons qui font que les récessions sont difficiles à prévoir", s'est presque excusé celui qui n'a pas vu à temps la dernière récession fin 90 et début 91.

Par Sophie Lutrand le 14 février 2001 à 18:01
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