© INTERNETf1.fr : Vous lancez aujourd’hui le RIAM, réseau pour la recherche et l’innovation en audiovisuel et multimédia. Quel est l'objectif de cette structure ?
Christian Pierret : Il s’agit de la création d’un nouveau réseau qui va regrouper des laboratoires privés et publics, des entreprises petites ou grandes, voire même très petites. L’Etat s'efforcera d'assurer des partenariats entre l’ensemble des intervenants sur la base des premiers acquis d’un programme que j’avais lancé il y a 3 ans. Le PRIAMM, (programme audiovisuel multimédia) rassemblait un très grand nombre d’acteurs pour faciliter la circulation, le partage d’informations et la création de valeurs par les entreprises. Au cours des trois dernières années, nous avions engagé à peu près 133 millions de francs pour 65 projets. Aujourd'hui, nous engageons 135 millions de francs par an. C’est vraiment une synergie entre l’Etat et les entreprises.
Tf1.fr : Comment aller vous choisir les projets ?
C’est vraiment moderne, novateur que de considérer que l'Etat n’a pas à se substituer à l’initiative privée ou publique mais à en être l’initiateur et à soutenir des projets qui, sans ce soutien, n’auraient pas vu le jour", Christian Pierret. |
Christian Pierret : Nous allons lancer des appels à propositions au cours des prochaines semaines. Le président du RIAM est Jean-Charles Hourcade, dirigeant de Thomson Multimédia. Il réunira un conseil d’orientation qui gèrera ce réseau avec des créateurs, des opérateurs, des fournisseurs de technologies, des créateurs et concepteurs d’équipements.
Tf1.fr : Quel est le profil parfait du candidat à un financement du RIAM et quels types de projet privilégirez-vous ?
Christian Pierret : Ce sont des entreprises qui postuleront individuellement ou en groupe ou bien des laboratoires, des sociétés d’études… Le programme PRIAMM par exemple avait travaillé sur des thèmes comme la numérisation de la chaîne du cinéma, sur l’animation et l’image de synthèse, sur une édition électronique et des programmes interactifs, qui sont l’avenir grand public du multimédia, sur l’indexation des contenus et la gestion des flux audiovisuels. Nous avions également abordé non pas des questions techniques mais juridiques, comme la protection des droits d’auteur.
Tf1.fr : On pourrait comparer le RIAM à une sorte "d'incubateur public". Est-ce le rôle de l'Etat de subventionner des projets de ce type ? Le marché, et notamment les sections recherche et développement des sociétés n'auraient-elles pas pu s'en charger ?
Christian Pierret : Les entreprises souhaitent que l’on joue un rôle fédérateur par l’intermédiaire de ce réseau. l’Etat peut jouer un rôle d'impulseur de projets et de catalyseur des énergies qui viennent à la fois de la recherche et de l’entreprise. C’est vraiment une idée moderne et novatrice que de considérer que l'Etat n’a pas à se substituer à l’initiative privée ou publique mais à en être l’initiateur et à soutenir des projets qui, sans ce soutien, n’auraient pas vu le jour. Sans cela notre pays se déclasserait dans la compétition internationale.
Tf1.fr : Vous êtes-vous inspiré d'exemples étrangers ?
Christian Pierret : Non je me suis inspiré d’exemples français. Nous avons déjà créé des réseaux du même type : celui des télécommunications que j’ai créé en 98, celui sur les logiciels, sur les micro et nano technologies et celui sur les biotechnologies. Le RIAM durera au moins trois ans. Je tiens à souligner l’effort financier considérable consenti par l’Etat, c’est vraiment très très important. Les entreprises que je côtoie attendent que l'Etat joue ce rôle de catalyseur.
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