Fièvre aphteuse : la France prend les devants

Par , le 28 février 2001 à 14h59 , mis à jour le 27 février 2001 à 15h40

Jean Glavany a décidé hier, par "mesure préventive" de faire abattre 20 000 ovins importés de Grande-Bretagne. Plus de 1600 ovins français ayant été en contact avec des moutons britanniques seront également abattus. A ce jour, aucun cas de fièvre aphteuse n'a été recensé en France.

brebis moutons mammiferes animaux-insectes nature environnement © INTERNE

Alors que l'embargo sur tous les animaux et produits dérivés venant de Grande-Bretagne vient d'être prolongé d'une semaine par une décision du comité vétérinaire de l'Union européenne, le ministre français de l'Agriculture a annoncé mardi plusieurs mesures préventives. Même si, à ce jour, la France ne compte aucun cas de fièvre aphteuse, 20 000 ovins importés de Grande-Bretagne depuis le 1er février 2001 seront abattus "par mesure préventive".

Dix mille moutons ont déjà été abattus, et 10.000 autres sont encore vivants mais vont être détruits "dans les heures qui viennent", a indiqué M. Glavany. Un lot de 980 ovins dont une partie provient d'un cheptel britannique infesté par la fièvre aphteuse, consigné depuis mardi matin sur un site de Sarcelles (Val d'Oise), devait être abattu dans la journée par les services vétérinaires, a annoncé la préfecture du Val d'Oise. Les autorités françaises ont également décidé d'abattre pour la première fois "par mesure préventive" 1.604 ovins nés en France qui ont été en contact avec un lot de 396 de ces moutons anglais.

La mesure concernera également les ovins dont l'origine est douteuse. "Tous les ovins provenant d'échanges intracommunautaires et dont l'origine ne pourrait être certifiée seront, par mesure préventive, abattus sur place puis détruits", a aussi annoncé le ministre. M. Glavany a rappelé qu'il fallait prendre "des précautions maximum", la maladie étant hautement contagieuse et affectant les ruminants (bovins, caprins, ovins ainsi que les porcs et sangliers). Il a insisté sur le fait que cette mesure ne concernait pas les éleveurs, les animaux concernés ayant été importés, "mais des commerciaux et des marchands de bestiaux qui vont être indemnisés en fonction de la valeur marchande de leurs bêtes".

Réunion de crise en Grande-Bretagne

La fièvre aphteuse n'est pas dangereuse pour l'homme, (lire aussi un coup de vent pourrait propager la fièvre aphteuse en Europe) mais elle constitue un désastre économique pour le monde agricole en raison de son caractère extrêmement contagieux. Des bêtes importées de Grande-Bretagne ont déjà été abattues par mesure de précaution ces derniers jours dans d'autres pays européens, dont les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Espagne. En Grande-Bretagne, l'un des nouveaux cas a été recensé dans l'Anglesey, au nord du Pays de Galles. Les autres l'ont été dans le nord-ouest, le nord-est et le centre de l'Angleterre. Le Premier ministre Tony Blair a convoqué une réunion de crise mardi après-midi pour aborder avec ses ministres les derniers développements de la crise et décider d'éventuelles nouvelles mesures pour tenter d'endiguer l'épizootie.

Le ministre de l'Agriculture Nick Brown a ainsi annoncé qu'il envisageait la fermeture au public des sentiers de randonnée qui passent près des fermes. Nick Brown a par ailleurs révélé que la Grande-Bretagne, dont les services vétérinaires ont été pris de court par l'actuelle épizootie de fièvre aphteuse, était en train de recruter des vétérinaires supplémentaires dans le monde entier.

Par Sophie Lutrand le 28 février 2001 à 14:59
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