La France devra subir le trou d'air américain

Par , le 02 février 2001 à 18h19 , mis à jour le 01 février 2001 à 19h13

Laurent Fabius estime que la croissance française en 2001 devra légèrement être revue à la baisse en raison du ralentissement américain. De 3,3% elle pourrait être légèrement en dessous des 3%. Mais selon le ministre de l'Economie et des Finances, la France devrait être un des pays les moins touchés.

Epargne salariale, Fabius se défend © INTERNE

Les beaux jours sont-ils derrière nous ? Le gouvernement a reconnu jeudi que la croissance dans l'hexagone serait probablement un peu moins forte qu'il ne l'espérait cette année en raison du brutal coup de frein de l'économie américaine. Le ministre de l'Economie Laurent Fabius a laissé entendre sur RTL que la performance française pourrait même être inférieure à 3%: "on devrait tourner autour de 3%, peut-être 2,9%-2,8%. Je dirais autour de 3%".

La France
sera "probablement l'un des pays d'Europe les moins exposés", assure
Laurent
Fabius.

Une révision qui avait déjà été faite par la plupart des économistes. La moyenne des prévisions de croissance pour la France en 2001 est en effet tombée à 3% en janvier, alors qu'elle était encore à 3,3% il y a trois mois, selon la revue Consensus Forecasts. Cet automne, le gouvernement avait construit son scénario 2001 autour d'une fourchette de croissance très large (3% à 3,6%), qui visait à prendre en compte les incertitudes entourant les fluctuations du pétrole. Mais il a bâti son budget 2001 et ses prévisions de recettes sur une hypothèse moyenne de croissance de 3,3%.

Laurent Fabius croit à un "trou d'air américain"

Le pétrole a bien écorné la croissance 2000 dont on ne connaît pas encore les résultats, mais qui ne devrait pas dépassé les 3,2%, selon l'INSEE. Alors que le choc pétrolier semblait absorbé en ce début 2001, c'est maintenant le ralentissement américain, plus brutal qu'escompté, qui vient troubler le jeu. "C'est vrai que ce qui se passe aux Etats-Unis est impressionnant puisqu'on avait l'an dernier une croissance de 5% et aujourd'hui, c'est à peu près 0%", a noté le ministre.

La dernière enquête dans l'industrie publiée jeudi par l'INSEE a bien montré une légère diminution de la demande adressée aux industriels français, en raison notamment du refroidissement américain, et une "décélération" de l'activité ce secteur. Le Fonds monétaire international (FMI) a lui-même revu ses prévisions de croissance mondiale pour 2001 à la baisse, en raison de la situation américaine. Pour autant, l'Europe sera le continent qui souffrira le moins et, en son sein, la France sera "probablement l'un des pays d'Europe les moins exposés", assure Laurent Fabius, qui se dit "confiant". D'abord parce que ses exportations vers les Etats-Unis sont limitées; ensuite parce que la demande intérieure devrait prendre en France le relais d'une demande extérieure affaiblie, avec des investissements dynamiques de la part des entreprises et un rebond de la consommation, alimenté par les baisses d'impôts. Reprenant l'expression de son prédécesseur Dominique Strauss-Kahn sur le "trou d'air" traversé par la croissance française au moment de la crise asiatique, le ministre de l'économie et des finances croit aussi à un "trou d'air américain" et évoque la perspective d'une reprise dès le deuxième semestre dans ce pays qui dispose d'une "forte capacité de réaction".

Par Sophie Lutrand le 02 février 2001 à 18:19
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