© INTERNEFrance Soir sera absent des kiosques à journaux aujourd’hui. Suite à une grève hier des journalistes de France-Soir, le quotidien ne paraîtra pas. Le quotidien fondé par Pierre Lazareff a été racheté par le groupe italien Poligrafici Editoriale à la mi-décembre. Loin du million d’exemplaires vendus quotidiennement à une autre époque, France Soir atteindrait à peine les 100 000 exemplaires. " Je suis un peu déçu par cette grève, a déclaré à tf1.fr Giovanni Serafini, directeur éditorial, je m’attendais à travailler et à trouver une entente au sein de la rédaction. Nous avons hérité d’une situation économique et financière catastrophique et notre priorité est de sauver le journal de la faillite ".
De leur côté, les journalistes déplorent dans un communiqué " le blocage du dialogue social sur fond d'inquiétudes quant aux projets rédactionnel et industriel ". En jeu, le sort de la trentaine de journalistes de l’Evénement, anciennement Evénement du Jeudi racheté l’an dernier par France Soir et joint en supplément culturel hebdomadaire. Le groupe italien a supprimé tous les autres suppléments, (Sciences et Cuisinez). En ce qui concerne l’Evénement, la nouvelle direction, composée de Giovanni Serafini et de Gianluigi Poggi, n’a pas encore arrêté sa position : " nous prendrons une décision très rapidement ", a assuré Giovanni Serafini.
"La mort virtuelle de l'édition nationale"
"Nous avons hérité d’une situation économique et financière catastrophique et notre priorité est de sauver le journal de la faillite ", le directeur éditorial. |
Autre source de conflit, le statut des journalistes. L’ancienne direction avait accepté l’harmonisation des statuts des quelque 100 journalistes de France Soir. Certains en effet dépendent de la société Presse Alliance, d’autres, de la société Gaics. " La nouvelle direction refuse de respecter l'accord qui a été signé et d’harmoniser les statuts ", regrette un élu CGT du comité d’entreprise, joint par tf1.fr. " Si j’ai bien compris, répond le directeur éditorial, les journalistes demandent un 14ème mois. Pourquoi pas mais la situation du journal est catastrophique et ce n’est pas vraiment le moment ".
L’intersyndicale (CFDT, CFTC, FO, SNJ, SNJ-CGT) qui avait appelé à la grève déplore également le manque de visibilité sur les projets de la direction. Le groupe prévoit de lancer une édition parisienne à la mi-mars. " Un jour c’est un supplément du quotidien, un autre c’est une édition à part, le projet change tous les jours ", explique un élu du comité d’entreprise. L’arrivée le 30 janvier du nouveau directeur de la rédaction, Dominique Pouchin, ancien directeur de la rédaction de Libération, ne semble pas avoir calmé les esprits. " Il n’en sait pas plus que nous. Il nous a présenté sa vision de ce que pourrait être l’édition parisienne mais n’a pas évoqué ce que devenait l’édition nationale ", poursuit un membre de la CGT.
Une trentaine de personnes devrait travailler à ce supplément qui devrait sortir à la mi-mars et dont on attend une hausse des ventes de 30 à 50 000 sur Paris. "Ce ne sera pas un Parisien bis, nous n’en avons pas les moyens ", a estimé Giovanni Serafini mais une édition quotidienne de 28 à 32 pages, constituée " d’enquêtes et de reportages de proximité mais aussi d’une partie culture, loisirs et art de vivre ". " En contrepartie, l’équipe de journalistes de l’édition nationale ne compterait plus qu’une quarantaine de personnes ce qui revient à la mort virtuel de France Soir ", estime un élu du comité d’entreprise. Plusieurs journalistes dénoncent un refus de plus en plus systématique de la part de la direction des demandes de reportage. "Nous ne voulons pas passer notre journée à réécrire des dépêches AFP", a déclaré l'un d'eux.
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