© INTERNENike fait son autocritique. La multinationale de vêtements de sports a rendu public jeudi un rapport accablant sur les conditions de travail chez ses sous-traitants en Indonésie. Trente pour cent des employés de sous-traitants du fabricant américain d'articles de sport Nike en Indonésie ont subi ou été témoins d'abus et harcèlement, y compris sexuel, selon cette étude réalisée dans neuf usines. Quelque 8% des employés --majoritairement des femmes-- ont indiqué avoir reçu des commentaires non sollicités à caractère sexuel et près de 2,5% avoir fait l'objet d'attouchements, selon cette étude de 104 pages réalisée par Global Alliance for Workers and Communities. Cette organisation indépendante a été créée en 1999 à l'initiative de Nike en partenariat avec la Banque mondiale. Elle regroupe plusieurs institutions, organisations à but non lucratif et compagnies.
Entre un et 14% des employés dans les neuf usines étudiées ont fait état d'abus physiques de la part d'un contremaître ou d'un cadre, selon Global Alliance. Le rapport ajoute que des favuers sexuelles auraient été réclamées en échange d'emplois dans deux usines et deux incidents auraient entraîné le décès de salariés.
Le président de Global Alliance, Rick Little, a qualifié ces allégations de "très troublantes et perturbantes". Il a néanmoins souligné que Nike "a agi de bonne foi durant tout le processus d'enquête et élaboré un plan d'action sérieux et raisonnable" pour y répondre. Selon M. Little, 85% des employés de Nike en Indonésie sont des jeunes femmes avec une moyenne d'âge de 23 ans. 40% sont mariées et près de la moitié ont terminé leurs études secondaires. L'étude se fonde sur des entretiens avec 4.450 employés sur environ 54.000 travaillant dans neuf usines sous-traitantes de Nike en Indonésie. Les personnes interrogées ont "volontairement accepté de participer" à l'enquête, selon Global Alliance.
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