© INTERNEMis à pied pour être passés sur le petit écran ! Le 11 janvier, jour d’action nationale des convoyeurs en soutien à leur collègue assassiné à l’hôpital du Kremlin Bicêtre à Villejuif lors d’une attaque, Olivier Guilliem et Eric poisson font l’objet de reportages respectivement sur M6 Lorraine et la Cinquième. Tous deux travaillent pour la société Ardial, l’un à Laxou dans la banlieue de Nancy, l’autre en région parisienne. Tous deux militent à la CGT. Il s’agit de montrer leurs conditions de travail et le risque lié à la profession de convoyeurs de fonds. Quelques jours plus tard, il sont convoqués par leur direction qui leur signifie leur licenciement pour " faute grave ". Depuis la sanction a été commuée en deux jours de mise à pied pour Olivier Guilliem et 4 jours pour Eric Poisson.
" Je ne comprends pas. Le reportage diffusé sur M6 me montrait chez moi avec ma femme puis dans mon véhicule de travail mais à aucun moment le nom de l’entreprise n’est apparu. Je n’ai pas dénigré ma société ", explique Olivier Guilliem à tf1.fr. " Mais il n’a pas demandé d’autorisation, rétorque Didier Chaudat, administrateur d’Ardial, et c’est une faute grave ".
"Demain, on sait qui ils sont et où ils sont"
Le cas d’Eric Poisson semble avoir encore davantage irrité la direction. " La Cinquième avait consacré son émission Expertise à la question de la sécurité des convoyeurs de fonds. Le Pdg d’Ardial, Monsieur Leblanc, y participait. " On a pu voir un reportage qui suivait un fourgon blindé dont la plaque d’immatriculation était masquée ainsi que le visage du convoyeur ", explique Marcel Planud, délégué CGT pour le groupe Ardial. Verdict : 4 jours de mise à pied pour Eric Poisson, salarié d’Ardial depuis 12 ans et délégué CGT du personnel.
" Non seulement il ne nous avait pas demandé d’autorisation, s’emporte Didier Chaudat, mais si lui était masqué, deux autres de ses collègues ne l’étaient pas. De plus, on les a filmés chez le client pendant une desserte, c’est-à-dire que demain, on sait qui ils ont et où ils sont ", poursuit le chef d’entreprise.
C’est faux rétorque-t-on à la CGT, à laquelle appartiennent les deux salariés. " La direction ne veut surtout pas que l’on sache ce qui se passe dans cette profession ", estime Marcel Planud. Olivier Guilliem et Eric Poisson ont tout deux envoyé un courrier à leur direction pour contester la sanction et demander son annulation... sans grand espoir d'être entendus. Le litige devrait donc être porté devant le tribunal compétent. La CGT a d'ores et déjà décidé de se porter partie civile.
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