© INTERNEAssez d'atermoiements, la guerre est déclarée. La semaine dernière, Pascal Nègre, président d'Universal Music France, avait vaguement évoqué un projet d'offensive. Mercredi, c'était Edgar Bronfman, vice-président du groupe Vivendi Universal, qui expliquait que d'ici la fin de l'année, l'ensemble des majors pourraient s'être associées pour fournir de la musique en ligne sur un seul site. Ce matin, le grand patron, Jean-Marie Messier, a confirmé : les grands groupes se lancent dans la musique en ligne, et ils vont y mettre les moyens. Dans en entretien publié par La Tribune, le PDG de Vivendi Universel officialise la création de Duet, société commune à son groupe et au japonais Sony, qui gérera leur gargantuesque catalogue sur ce marché porteur.
La convergence technique A la fin de son entretien, J2M explique que la convergence avec Sony passe aussi par la technologie. Le format sécurisé choisi par Duet (Bluematter) devra être compatible avec tous les terminaux : "Notre intérêt est que la musique enregistrée [sur un support] soit transposable sur les autres". Pour garantir le succès sur ce marché prometteur, il faut que le mélomane puisse tranférer facilement son morceau de musique de son disque dur à son téléphone, sa télé, sopn organizer... |
J2M, pourfendeur de pirates
Quel avenir justement ? Pour Jean-Marie Messier, il tient en deux principes : convergence et respect du copyright. "Notre objectif est clair, le maximum de musique sur le maximum de plates-formes. Et ce, pour tous les distributeurs qui respecteront les droits des compositeurs et du copyright. (...) Nous nous sentons une vraie responsabilité vis-à-vis des artistes et nous ne transigerons pas sur le respect des droits d'auteurs. C'est un préalable absolu". A partir de Duet, les artistes seront rémunérés, explique-t-il, en fonction du chiffre d'affaires, comme pour la vente de disques en magasin. En insistant sur le respect des artistes, J2M veut se donner une légitimité innée et l'image de celui qui terrassera la piraterie, symbolisée par Napster. L'offensive contre le logiciel d'échange est bel et bien lancée. Cette guerre froide ne se terminera que lorsque tous les éditeurs se seront rangés d'un côté ou de l'autre. Entre Vivendi Universal et Sony qui se montrent de plus en plus intransigeants, et Bertelsmann qui ne veut pas avoir acheté Napster pour abdiquer quelques mois plus tard, le feuilleton s'annonce épicé.
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