© INTERNE Communiqué final du G7: les principaux pointsAu début du siècle, Emile Coué, pharmacien champenois et psychothérapeute, inventait la méthode qui porte son nom, en s’appuyant sur un postulat simple : "vous avez en vous-même l'instrument de votre guérison". En gros, si vous tombez malade, vous aurez d’autant plus de chances de lutter contre le mal que vous parviendrez à vous convaincre de l’inéluctabilité de votre propre guérison. Samedi, lors de leur réunion de Palerme, les membres du G7 ont offert une démonstration nouvelle et inattendue de la méthode Coué, en l’étendant à un nouveau domaine : celui de l’économie. Les grands argentiers, avec un ensemble parfait, se sont efforcés de dissiper les inquiétudes des marchés en affichant leur confiance en la solidité de l'
économie mondiale. Et qu’importe le ralentissement de la conjoncture
américaine depuis la fin de l'année dernière... A l'issue de leur réunion, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés ont ainsi affirmé en choeur que les conditions d'une
croissance durable "restent en place" dans les principaux pays développés.
Une économie mondiale en période de ralentissement
Depuis leur dernière réunion, fin septembre à Prague, l'économie mondiale a pourtant fortement ralenti : le Fonds monétaire international devrait réviser en baisse sa prévision de croissance mondiale à 3,4% pour 2001. Le Fonds tablait à l'automne sur une croissance mondiale de 4,2%, même si son directeur général adjoint, Stanley Fischer, avait indiqué il y a un mois à Davos que ce chiffre pourrait être ramené aux alentours de 3,5%.
"Nous avons convenu de la nécessité de politiques macroéconomiques et structurelles dans l'ensemble de nos pays pour soutenir la croissance". |
Face au ralentissement actuel, les pays les plus industrialisés sont déterminés à agir, ont cependant assuré, la bouche en coeur, les grands argentiers d'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de l'Italie et du Japon: "nous avons convenu de la nécessité de politiques macroéconomiques et structurelles dans l'ensemble de nos pays pour soutenir la croissance". Sans pour autant oublier de faire un appel du pied aux pays producteurs de pétrole, en appelant à la stabilité des cours du brut, que le ministre français des Finances, Laurent Fabius, a jugé "ces derniers jours" trop hauts. "Une baisse des prix de l'énergie et une stabilité des marchés du pétrole sont importants", a plaidé le G7, alors que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole pourrait décider le 16 mars de réduire sa production de 500.000 à un million de barils par jour supplémentaires."Les perspectives de croissance restent favorables"
Malgré ce bel optimisme, le G7 était, de l'aveu même du nouveau secrétaire américain au Trésor Paul O'Neill, particulièrement désireux d'entendre l'analyse des autorités américaines sur le ralentissement de leur économie. Conclusion : la faiblesse brutale de l'économie américaine, jugée responsable du trou d'air dans la croissance mondiale, ne devrait pas perdurer car "les fondamentaux économiques des Etats-Unis restent solides". Ce n’est guère l’avis du FMI, qui a abaissé à 1,7% sa prévision de croissance pour les Etats-Unis en 2001, alors que les autorités américaines évoquent encore une croissance de 2,5% cette année. Mais en attendant que l'économie américaine redémarre, la zone euro reste un pôle de stabilité, a souligné le G7, et les perspectives de croissance "restent favorables", grâce "à une forte demande intérieure".