Trois mois fermes requis contre José Bové pour le démontage du Mac Do

Par , le 15 février 2001 à 16h23 , mis à jour le 15 février 2001 à 17h09

Six mois de prison dont trois fermes ont été requis ce matin au tribunal de Montpellier contre le leader de la confédération paysanne. Il comparait cette fois-ci pour le démontage musclé du Mac Do de Millau. Hier, le tribunal avait requis deux mois de prison ferme dans l'affaire de la séquestration de trois fonctionnaires du ministère de l'agriculture.

procès de josé bové © INTERNE

Montpellier acte 3 : six mois de prison, dont trois mois ferme, ont été requis vendredi contre José Bové, cofondateur de la Confédération paysanne, devant la cour d'appel de Montpellier, pour le démontage du McDonald's de Millau en août 1999. L'avocat général Michel Legrand a également requis trois mois de prison ferme contre Raymond Fabrègues, porte-parole de la Confédération paysanne dans l'Aveyron.

En ce qui concerne les huit autres prévenus, l'avocat général a requis des peines de prison avec sursis allant de un à deux mois. L'arrêt contre les "dix de Millau a été mis en délibéré au 22 mars.En première instance, en septembre 2000, le tribunal correctionnel de Millau avait condamné José Bové à trois mois de prison ferme. Les neuf autres membres ou sympathisants de la Confédération avaient été condamnés à des peines allant de 2.000 francs d'amende à deux mois de prison avec sursis.

Montpellier, acte deux : hier, deux mois de prison ferme ont été requis contre José Bové et Raymond Fabrègues, de la Confédération paysanne, devant la cour d'appel pour leur participation à la séquestration de trois fonctionnaires du ministère de l'Agriculture en mars 1999 à Rodez (Aveyron). Le jugement a été mis en délibéré au 22 mars. L'avocat général Michel Legrand a requis deux mois de prison avec sursis contre les six autres membres de la Confédération paysanne qui avaient participé à cette action à la préfecture de l'Aveyron. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe.

"la justice se doit, à son tour, d'être têtue", l'avocat général.

L'avocat général a indiqué qu'il sollicitait "un verdict sérieux, crédible" car, a-t-il dit, "on doit payer le prix de l'infraction commise". "A force de provoquer, ce système de violence ne peut être érigé en mode de gestion syndicale", a-t-il ajouté. "La Confédération paysanne se dit têtue et ses responsables nous disent qu'ils vont recommencer. Aussi la justice se doit, à son tour, d'être têtue", a-t-il précisé.

"A la barre, José Bové et les sept autres prévenus avaient revendiqué une "action spontanée, symbolique et syndicale menée sans violence". "Nous voulions attirer l'attention pour défendre les petits producteurs, pour lancer un cri d'alarme sur le fait que 40.000 exploitants agricoles disparaissent chaque année en France et que les aides vont à 20 % des paysans", a-t-il précisé. La séquestration avait été brève. Reconnus "responsables", José Bové et huit militants de la Confédération avaient été dispensés de peine en première instance par le tribunal correctionnel de Rodez mais le parquet avait fait appel.

Par Sophie Lutrand le 15 février 2001 à 16:23
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