© INTERNEDepuis ce coup d'éclat — qu'Ankara s'efforce de faire passer pour un coup de tête depuis —, la Turquie est entrée dans une zone de turbulences. |
Près de 5 milliards de dollars sont alors immédiatement sortis du pays. En outre, il n'a alors fallu que quelques minutes pour que la Bourse d'Istanbul plonge d'environ 11%, pour atteindre un niveau historique de chute de 14,6%, en clôture. Mardi, l'indice remontait à peine et la quasi-totalité des capitaux étaient rapatriés au pays. Le Premier ministre faisait comprendre aux Turcs que son gouvernement ne démissionnerait pas, malgré ses divergences avec le président.
Panique dans le sillage des banques publiques
Mais, mercredi, la panique a gagné les marchés, lorsqu'il s'est avéré que la Halkbank, l'une des grandes banques publiques, n'avait pas pu faire face à ses obligations de paiement la veille, en raison d'un manque de liquidités. "Au final, Halkbank a honoré ses engagements dans la journée de mercredi, mais il reste à voir si elle le fera ce soir", soulignait le lendemain, inquiet, un analyste bancaire. Le soir même, la Bourse d'Istanbul clôturait en baisse de 18%. Les taux d'intérêts au jour le jour étaient de 4.000%.
Mercredi, Prague perdait 2,34%, Varsovie 2,36%, Budapest 3,55%. |
Monnaie qui flotte, confiance qui revient
Estimant la crise politique passée, le gouvernement de Bulent Ecevit s'efforce depuis de maîtriser la tempête que le Premier ministre a fait naître. Jeudi, la Turquie a abandonné son système de taux de change fixe et ouvert et la voie à une dévaluation de la livre. Aussitôt, la monnaie turque a perdu 21,7% par rapport au dollar, alors que la Bourse, de son côté, retrouvait un indice positif, à 9,8% en fin de séance. Le responsable du FMI pour la Turquie est alors retourné précipitamment à Ankara, le Fond monétaire international étant le grand maître d'œuvre des réformes économiques du gouvernement, appuyé par un crédit de 11,5 milliards de dollars depuis décembre 1999. La crise de nerfs de MM. Ecevit et Sezer aura intensément fait vibrer la finance, d'Ankara à Saint-Petersbourg.
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